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Les Années Sans Nom

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V5.5

[Intro — piano feutré, souffle de bande, ambiance nocturne. Voix très proche du micro, presque murmurée. Léger écho sur les derniers mots.] [Voix basse, intime] J’ai vu des villes naître au milieu des déserts, Des royaumes monter pour finir sous la poussière, J’ai connu des visages que le temps a effacés, Mais quand je ferme les yeux… [léger écho] j’sais plus qui j’ai été. [Court silence — piano seul] J’ai marché sous des soleils qui n’ont plus de saison, Traversé des océans sans connaître leur nom, Chaque siècle a laissé son empreinte dans ma voix, [voix légèrement doublée] Aujourd’hui j’parle beaucoup, [chuchoté en arrière-plan] mais j’me reconnais pas. [Les nappes synthétiques commencent doucement à entrer.] J’ai des souvenirs qui ne savent plus d’où ils viennent, Des voix dans ma mémoire qui reviennent… [voix fantôme, panoramique] qui reviennent… J’ai tellement regardé le monde changer de peau Que mon propre reflet me paraît étranger dans l’eau. Pré-refrain [La musique se vide. Piano + nappe grave. Voix seule, très fragile.] Et parfois je me demande… [silence] Si j’étais quelqu’un avant… [léger souffle] Ou si je suis seulement [harmonie très douce] La somme de tous ces instants. [Montée progressive — basse profonde, pulsation électronique discrète.] Refrain [Voix principale plus ample. Doubles voix très légères sur certaines fins de phrases. Grande nappe atmosphérique.] [Voix pleine] J’ai mille vies dans la tête, Mais aucune qui soit vraiment la mienne, Des milliers d’années sur les épaules, Et plus je me souviens… [double voix + écho] moins je sais qui je suis. [Petite respiration — batterie électronique douce qui entre.] J’ai vu trop de choses pour encore fermer les yeux, Trop de départs, trop de fins, trop de « nous deux », Le temps m’a donné tout ce qu’un homme peut vouloir, [voix qui descend, presque parlée] Puis il a pris mon nom… [écho lointain] quelque part dans le noir. Couplet 2 [Beat minimal. Basse ronde. Piano plus sombre. Voix plus détachée, comme quelqu’un qui raconte des souvenirs très anciens.] Je me souviens d’un enfant qui courait dans les champs, Mais j’ignore si c’était moi… [chuchotement] ou quelqu’un d’avant. Je me souviens d’un amour, peut-être même de son parfum, Mais son visage s’est perdu [voix doublée très légère] quelque part entre deux matins. [Les percussions deviennent légèrement plus présentes.] J’ai vu l’homme inventer des dieux pour ne pas avoir peur, Puis les hommes oublier pourquoi ils avaient un cœur, J’ai vu des frères se battre pour des lignes sur des cartes, Et des promesses devenir des ruines quand tout s’écarte. [La voix devient progressivement plus intense.] J’ai appris que le temps ne guérit absolument rien, Il recouvre seulement les blessures d’un peu de silence, Alors j’empile les années comme on empile des pierres, [voix grave, presque brisée] Avec la peur qu’un jour tout s’écroule à l’intérieur. Pont [Tout s'arrête presque complètement. Bruit de souffle, réverbération importante. Piano très espacé.] [Voix presque chuchotée] Il y a des nuits… où le passé traverse mes murs. [Écho sur « murs »] Des fragments de siècles accrochés à mes murmures. [Une seconde voix très lointaine répète quelques mots de façon indistincte.] Je vois des choses que personne autour de moi ne voit… [Long silence] [Voix nue, fragile] Et parfois j’aimerais seulement… [souffle] [Chuchoté] Ne plus me souvenir de moi. [Silence de 2 secondes — puis montée instrumentale lente.] Refrain final [Grande ouverture musicale. Cordes, synthés, basse, chœurs très aériens. Voix principale intense mais contenue.] [Voix principale + harmonies] J’ai mille vies dans la tête, Mais aucune qui soit vraiment la mienne, Des milliers d’années sur les épaules, Et plus je me souviens… [chœurs] moins je sais qui je suis. J’ai vu trop de choses pour encore fermer les yeux, Trop de départs, trop de fins, trop de « nous deux », Le temps m’a donné tout ce qu’un homme peut vouloir, Puis il a pris mon nom… [Toutes les voix, très aériennes] Quelque part dans le noir. [La musique atteint son maximum puis s'effondre brutalement.] Outro [Piano seul. Très grande réverbération. Voix extrêmement proche, presque parlée.] Alors si tu me demandes… [silence] « Qui es-tu, après tout ce temps ? » [Très léger écho] Après tout ce temps… Je chercherai dans mes souvenirs, Mais ils répondront tous en même temps. [Plusieurs murmures très faibles en arrière-plan, comme des fragments de souvenirs.] Que je ne suis personne, Que je ne suis personne.... [Dernière note de piano — réverbération qui disparaît lentement.]