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FRÉQUENCE ZÉRO#

Deux heures quarante, La fréquence tremble. Un souffle revient, Dans la coque qui semble… Respirer… Respirer… — Venez me chercher — Puis le silence Referme ses mâchoires d’acier. [Verse 1 ] Le vide a des dents, Des dents de verre. Il ronge lentement Les flancs de la lumière. La coque tousse Dans ses poumons de fer. Chaque vibration Me remonte dans les nerfs. Un point rouge éclate Au fond du tableau. Une veine électrique Sur fréquence zéro. Pas de moteur, Pas de chaleur. Pas de corps, Pas de cœur. Seulement cette voix Qui revient par morceaux, Qui mâche mon nom Dans le ventre radio. « Venez me chercher » La phrase se déchire. « Venez me chercher » Puis recommence à pourrir. [Pre-Chorus Coordonnées stables, Trajectoire instable. Présence détectée, Présence introuvable. Médipen chargé, Visière verrouillée. Plus on touche le point, Plus il veut s’éloigner. Fréquence zéro, Balise sans vaisseau. On suit les morts Dans le ventre radio. Fréquence zéro, Le radar sonne faux. Quelqu’un respire Sous la peau des échos. Fréquence zéro, Zéro dans les os. On suit les morts Dans le ventre radio. — ve… nez… me… cher… cher — — signal stable — — équipage instable — — cœur introuvable — [Verse 2 On sort dans le noir, Accrochés par le câble. Le vide nous regarde, Immobile et coupable. Nos souffles dans les casques Font des lames de buée. Chaque inspiration Sent la chair congelée. Le signal est devant, Mais devant, rien ne flotte. Juste la nuit qui saigne Quand notre phare la frotte. La distance se plie, La distance se tord. Un mètre devient mille, Puis mille deviennent morts. Le radar perd le nord, Le cadran la raison. Les chiffres changent de peau Dans chaque transmission. La voix prend mon timbre, Elle copie mes défauts. Elle avale mes mots, Les recrache en écho. Elle dit mon matricule Avec ma propre diction. Elle parle de mes plaies Avant leur apparition. Ma-ma-ma voix… Dans sa gorge de froid. Ma-ma-ma voix… Qui ne vient plus de moi. [Build-Up Chaque souffle revient Une seconde en avance. Chaque mot devient lame Qui découpe le silence. Le casque devient bouche, Le câble devient veine. Le signal nous accouche Dans sa matrice obscène. Fréquence zéro, Balise sans vaisseau. On suit les morts Dans le ventre radio. Fréquence zéro, Le radar sonne faux. Quelqu’un respire Sous la peau des échos. [Drop Plus de ping. Plus de voix. Plus de signal. Puis notre propre balise Commence à parler pour moi. [Verse 3 On rentre dans le sas, Il s’ouvre tout seul. La lumière est grasse Comme la cire d’un deuil. Les brancards attendent Sous les néons blafards. Les écrans nous regardent Avec leurs yeux de cafard. Pouls : cent vingt-deux. Température : zéro. Pas de corps sous les draps, Mais mon nom au tableau. Patient numéro un, Dossier déjà classé. Cause du dernier souffle : Fréquence contaminée. La balise ne sauve pas, Elle prépare la place. Elle avale les voix, Puis recrache leurs traces. Elle prend notre peur, Elle la grave dans le son. Elle fabrique un cœur Avec notre transmission. Ce n’est pas un appel, C’est une gorge sans peau, Une bouche artificielle Sur fréquence zéro. [Bridge Aidez-moi… Aidez-moi… Ce n’est plus leur voix. Aidez-moi… Aidez-moi… C’est déjà la mienne. Fréquence zéro, Zéro dans les veines. Fréquence zéro, La peur devient reine. [Industrial Breakdown] Coupez l’antenne, Arrachez les nerfs. Brûlez les câbles, Ouvrez la chair. Le signal passe Dans les dents, dans les mains. Il traverse la glace, Il remonte le sang. Il court dans les sutures, Il mord dans les tuyaux. Il grave ses blessures Sous la peau des métaux. La radio respire Sans courant, sans réseau. Elle apprend à mentir Avec nos derniers mots. Ce n’est pas une voix, C’est un trou, c’est une faim, Qui parle avec nos bouches Et remonte nos chemins. [Final Chorus Fréquence zéro, Balise sans vaisseau. On suit les morts Dans le ventre radio. Fréquence zéro, Le radar sonne faux. Quelqu’un respire Sous la peau des échos. Fréquence zéro, Cette fois dans ma peau. Quelqu’un appelle Avec ma voix dans la radio. [Outro Deux heures quarante, Le signal revient. Même point rouge, Même souffle humain. Quelqu’un appelle… Et cette fois… C’est moi.