[Verse 1 - April] Le véto parlait d’hépatite, pronostic incertain Pendant que tu comptais les bougies en pleurant ton matin "Si tu n’étais pas partie, il irait mieux, tu sais" Comme si voir ma famille avait signé son arrêt Je fais des allers-retours, le cœur coincé dans la gorge Lui s’accroche, traverse la vague, la fièvre se décroche Ton seul bilan : "Mon anniversaire a été gâché" J’attendais un "je suis là", j’ai reçu des reproches bien cadrés [Chorus] Tu te posais en roc que les autres n’auraient pas été "Beaucoup se seraient tirés", tu aimais te l’entendre chanter Pas de coups, pas de bleus, donc tu te disais blanc Mon corps, lui, garde la trace des soirs étouffants Tu traitais mes tremblements comme un simple décor Mes traumas comme un prétexte, un vieux folklore Aujourd’hui je déroule ce que tu rendais flou Je récupère l’histoire que tu retournais contre tout [Verse 2 - Intimacy & Dissociation] Tu venais chercher de la tendresse dans une enveloppe vide Appelant "manque d’élan" ce qui n’était que fuite lucide Mes refus trop doux se changeaient en accusations "Tu ne fais rien pour avancer", verdict sans appel, sans nuance, sans pardon Alors mon regard partait loin pendant que tout se jouait Je me décrochais en silence pour ne pas m’effondrer Tu voyais de la distance, tu parlais de désinvestissement C’était juste ma façon bancale de survivre au moment Les "je ne t’oblige pas" flottaient avec leurs sous-entendus Les soupirs lourds, les silences tordus Parfois ce n’est pas un ordre qui casse le consentement C’est la somme de tout ce qui pèse avant même le "oui" tremblant [Chorus] Tu te posais en roc que les autres n’auraient pas été "Beaucoup se seraient tirés", tu aimais te l’entendre chanter Pas de coups, pas de bleus, donc tu te disais blanc Mon corps, lui, garde la trace des soirs étouffants Tu traitais mes tremblements comme un simple décor Mes traumas comme un prétexte, un vieux folklore Aujourd’hui je déroule ce que tu rendais flou Je récupère l’histoire que tu retournais contre tout [Verse 3 - June & Charge mentale] En juin, ma cheville cède, ligaments en lambeaux Impossible de gérer le quotidien comme avant, même au ralenti, même à petits sauts Tu nourris le chien, tu passes un coup de tondeuse Chaque geste devient médaille, preuve que tu es "courageux, précieuse" Au moindre "j’ai mal", ton visage se ferme Comme si ma douleur sabotage ton système Tu fais deux machines, trois allers-retours au jardin Je gère le reste à l’ombre, sans applaudissements, sans rien [Verse 4 - The Woods] Un soir, tout s’empile, plus de marche arrière La voiture file vers les arbres, médicaments dans la lumière Une lettre griffonnée, au cas où je ne reviens pas Non pas pour te punir, juste pour ne plus être là Au milieu des troncs, le silence a presque l’air doux L’idée de s’effacer pèse moins lourd que nous Puis une évidence finit par percer le brouillard : Ce n’est pas ma vie qu’il faut rayer de la page, c’est ton regard Je rentre avec le cœur en vrac mais les yeux clairs Je ne choisis pas la fin, je choisis de me soustraire [Bridge] Tu disais que je ne parlais jamais de ce que je ressentais Mais chaque mot devenait arme dès que je le livrais "Tu dramatises", "tu inventes", "tu vois tout de travers" Le silence, à la longue, semblait plus sûr que tes colères Deux lessives, un jardin, et tu te disais pilier Pendant que je portais la logistique, la peur, l’avenir entier Tu réclamais d’être rassuré sur tout, tout le temps Je disparaissais un peu plus dans chaque "t’en fais pas, c’est rien, vraiment" [Final Chorus] Tu te posais en roc que les autres n’auraient pas été La vraie question, c’est : pourquoi j’ai tant encaissé ? Sans marques apparentes, tu plaidais l’innocence Mon cerveau, lui, a gardé les coupures dans le silence Depuis que tu es loin, je réintègre ma peau Les morceaux dispersés reviennent morceau par morceau Ma survie n’entre pas dans ton scénario bien écrit Ma liberté ressemble au générique de ta sortie [Outro] Je vise un jour où l’on reste sans compter les points Où personne ne réclame de médaille pour tendre la main En attendant, j’avance seule, mais entière enfin C’est la première fois que je ne me lâche pas la main



