[Instrumental Intro] [Couplet 1] Je suis né sous un vieux balcon, un soir de pluie douce et légère. J’ai pris la lune pour un néon, les vitrines pour des clairières. J’ai vu des fleurs sous plastique, alignées comme en procession. Le printemps passait en boutique, trois couleurs pour une saison. [Pré-refrain] On m’a dit : vole vers la lumière, c’est là que commence le chemin. Mais vos soleils de supermarché n’ont pas l’odeur des vrais matins. [Refrain] Je tourne, je tourne autour des néons, petit fantôme sans importance. Vous appelez ça civilisation, moi j’appelle ça de l’indigence. Je tourne, je tourne et je comprends que vos beaux décors font fortune. Vous avez remplacé le vent par un printemps posthume. [Couplet 2] J’ai vu des arbres sous vitrine, avec racines en option. On leur gardait bonne mine pour les grandes occasions. On louait l’ombre à la minute, le frais sous abonnement. La forêt coupait le ruban de son propre remplacement. Les oiseaux chantaient sur les écrans, plus polis que dans les branches. Les enfants disaient : c’est vivant, puis l’oubliaient dans les allées blanches. Moi, je cherchais dans le vacarme un coin de nuit sans emballage. Pas un slogan, pas une alarme, juste du silence hors affichage. [Pré-refrain 2] On m’a dit : suis donc la lumière, elle inventera le jardin. Mais vos étoiles publicitaires ne savent vendre que le chagrin. [Refrain] Je tourne, je tourne autour des néons, petit fantôme sans importance. Vous appelez ça civilisation, moi j’appelle ça de l’indigence. Je tourne, je tourne et je comprends que vos beaux décors font fortune. Vous avez remplacé le vent par un printemps posthume. [Pont] J’ai vu la mer en promotion, le ciel vendu dans des bouteilles. Des souvenirs de papillon collés au dos des merveilles. J’ai vu vos plages sans marée, vos bois sans boue, sans racine. Vos couchers de soleil dorés, programmés par la machine. Vous avez fait de vos salons un monde propre et sans poussière. Même les insectes des cartons sourient au bord de la lumière. [Break] La lune est basse, le verre est clos. Je cherche une trace, je trouve un logo. La nuit recule, le jour est faux. Je m’use les ailes contre vos halos. [Dernier Refrain] Je tourne, je tourne autour des néons, petit témoin de vos absences. Vous appelez ça civilisation, moi j’appelle ça la distance. Je tourne, je tourne et je comprends que vos beaux décors font fortune. Vous avez remplacé le vivant par un printemps posthume. [Outro] Je suis né sous un vieux balcon, un soir de pluie douce et légère. J’ai pris la lune pour un néon, et vos néons pour la lumière.


