
[Verse 1] Corps de femme, blanches collines, tes cuisses ont le goût des nuits clandestines. Moi, j’étais le sauvage, le cœur en jachère, je labourais ton ombre comme on retourne la terre. J’étais un tunnel, sans oiseaux, sans lumière, la nuit dans mes veines, la nuit tout entière. Alors je t’ai faite à l’image du danger, une flèche dans mon arc, une pierre à lancer. [Chorus] Et maintenant je t’aime, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? La vengeance est passée, elle a laissé sa place. À toi, à ta peau, à tes silences indécents. Et maintenant je t’aime, bêtement, doucement. [Verse 2] Corps de peau, corps de mousse, tes lèvres ont la lenteur des choses qu’on redoute. Tes seins comme deux verres où ma soif vient mourir, tes yeux pleins d’absence qui me regardent partir. Et ta voix… ta voix lente et triste, comme un vieux disque rayé que la nuit ressuscite. Tu murmures mon nom, je fais semblant de dormir. Mais ton absence me tient quand je voudrais m’enfuir. [Chorus] Et maintenant je t’aime, qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? La vengeance est passée, elle a laissé sa place. À toi, à ta peau, à tes silences indécents. Et maintenant je t’aime, bêtement, doucement. [Bridge, Spoken Word] Ô soif… désir sans limite… quel drôle de chemin pour arriver nulle part. Il y a des courants noirs qui nous prennent dans le ventre, et cette fatigue immense qu’on appelle encore l'amour. [Final Chorus] Corps de femme, je persiste dans ta grâce. Même quand tu t’éloignes, je retrouve ta trace. À toi, à ta peau, à tes silences brûlants. Et maintenant je t’aime… comme on perd son temps. [Outro, Spoken Word, Fade Out] Corps de femme… blanches collines… la nuit descend. Et moi, je reste là.

