
Dessine-moi un monde ! — un monde où la beauté féconde la grandeur de l’âme, où le rouge de Pompéi brûle, et la loyauté s’efface comme un fantasme. Dessine-moi un monde ! — un monde où la femme inonde de bonté profonde l’écho, où son âme vagabonde, libre, dame Joconde, riche de mots qui claquent comme des coups de tonnerre. Dessine-moi un monde ! — un monde où l’homme apprend l’art de vivre, où ses pulsions primitives ne sont qu’illusions, pages froissées d’un livre qu’on referme. Dessine-moi un monde ! — un monde où le respect des corps commence par la dignité des femmes, loin de l’objet qu’on prend, qu’on use, qu’on jette. Dessine-moi un monde ! — un monde où l’enfant est reflet d’humanité, avenir en lettres d’or, écriture d’égalité gravée dans la peau du futur. Dessine-moi un monde ! — un monde où l’amour n’est pas borné au corps, où l’homme s’étonne encore d’offrir à sa partenaire un accord sublime, un chant qui s’élève. Dessine-moi un monde ! — un monde sans pareil, où chacun vit en harmonie, sans appareil, juste l’écoute, juste l’âme, unie. Dessine-moi un monde ! — un monde de paix, où la guerre s’efface, où les territoires cessent d’être fauchés par la folie des hommes. Dessine-moi un monde ! — un monde entier, où la chaleur ne détruit plus la forêt, ses sentiers, où la douleur s’efface dans l’ombre des arbres qui renaissent.

