Cet été-là, la chaleur était écrasante. Le thermomètre dépassait les 40 degrés . Et les quatre amis, Tom, Lucas, Maxime et Nathan, cherchaient un moyen de s’occuper à l’ombre de la forêt. — On construit une cabane, proposa Tom. Les autres acceptèrent aussitôt. Ils trouvèrent une clairière et commencèrent à creuser pour aplanir le sol. La terre était sèche, dure, difficile à travailler. Après quelques minutes, la pelle de Lucas heurta quelque chose. Ils se figèrent. Sous la terre, ils découvrirent un trou parfaitement rond, sombre, comme l'entrée de l'enfer. La curiosité prit le dessus. Ils allèrent chercher une lampe et un briquet, puis revinrent. Sans vraiment réfléchir, ils entrèrent. Le tunnel était froid, étroit, et semblait s’enfoncer profondément sous la forêt. Les parois étaient humides, couvertes de racines et de traces sombres. Le silence était total. Après quelques mètres, Nathan s’arrêta. Au sol, une montre rouillée. — Quelqu’un ,est déjà passé ici… Mais au lieu de faire demi-tour, ils continuèrent. Très vite, le tunnel se divisa en plusieurs passages. À chaque intersection, une petite tête de mort était gravée dans la roche. — Un ancien code… peut-être des pirates, souffla Lucas. Personne ne répondit vraiment. Plus loin, Tom découvrit un vieux poignard coincé dans la terre. Sa lame était abîmée, mais ancienne. L’ambiance devenait lourde. Puis la lampe s’éteignit. D’un coup. Le noir total. Leur respiration s’accéléra. Leurs ventres se contractèrent sous l’effet de la peur. Le froid leur mordit la peau. Maxime sortit le briquet. Une flamme trembla. Faible. [Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand Instable. — On fait demi-tour, dit Tom. [Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand Mais ils ne savaient déjà plus d’où ils venaient. Le briquet devint leur seul rep[Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand ère : lumière, quelques pas, noir, lumière. Et [Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand à chaque extinction… Ils entendaient une resp[Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand iration. Juste derrière eux. Lente[Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand , terrifiante. Proche. Comme si quelque chose [Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand marchait collé à eux dans l’obscurité. Quand la flamme revenait[Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand , une silhouette apparaissait parfois sur les murs. Grande. Immobile. Puis plus rien. [Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand Et surtout… ils avaient l’impression de revenir sans cesse aux mêmes intersections. [Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [hand Les mêmes têtes de mort. Les mêmes chemins. Le même tunnel. Comme si l’end[Instrumental] [Intro] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [finger snap] [handroit les empêchait de sortir. Puis le briquet s’éteignit complètement. Plus rien. Ils sentaient un souffle derrière leur nuque. Dans le noir total, ils avancèrent à tâtons. Le temps semblait s’étirer. Ils ne savaient plus depuis combien de minutes, ou d’heures, ils marchaient. Leurs mains touchaient des parois de plus en plus étranges. Humides. Collantes. Ils sentaient quelque chose s’accrocher à leurs visages et à leurs cous, comme une pression invisible qui les étranglait doucement. — Je peux plus respirer… murmura Nathan. Tom serra le poignard. — On continue. Il frotta la lame contre la roche. Des étincelles illuminèrent le tunnel. Pendant une seconde, ils virent. Les murs étaient recouverts de sang qui s’écoulait, comme s’il venait tout juste d’être répandu dans l’obscurité. Et face à eux se dressaient d’immenses toiles d’araignées épaisses,impossibles à éviter. Derrière eux, dans le noir, des yeux brillèrent. . Puis tout disparut. Ils hurlèrent de peur . Et se mirent à courir. Tom continuait de gratter la roche avec le poignard pour créer des étincelles. Mais à chaque intersection, ils retrouvaient les mêmes signes. Comme s’ils tournaient en rond depuis des heures dans le noir. Ils étaient épuisés, paniqués, incapables de savoir combien de temps ils étaient restés sous terre. La respiration derrière eux ne les quittait jamais. Puis une lumière apparut enfin au loin. La sortie. Ils coururent. Et sortirent du tunnel en tombant dans l’herbe. Le soleil leur brûla les yeux. Ils étaient vivants. Sans un mot, ils rentrèrent chez eux. Mais l’histoire fut racontée bien des années plus tard…. Des spécialistes explorèrent le site. Ils découvrirent une ancienne mine de fer abandonnée depuis plus d’un siècle. Les traces rouges sur les murs n’étaient pas du sang, mais de la rouille mélangée aux minéraux de la roche. Les toiles épaisses étaient simplement des nids d’araignées vivant dans l’obscurité totale. La montre et le poignard venaient probablement d’anciens explorateurs. Tout avait une explication logique. Tout… sauf une chose. Les têtes de mort gravées aux intersections. Aucun registre ne les mentionnait. Et aucun expert n’expliqua jamais pourquoi les garçons étaient persuadés d’avoir entendu une respiration dans le noir. Comme si quelque chose les avait suivis… tout le long. Même après des années, ils en gardaient encore la sensation, comme si quelque chose s’était accroché à eux dans ce tunnel et ne les avait jamais vraiment quittés.


