
J'ai poussé une vieille porte... Le bois chantait plus fort que les voix. Alors... J'ai levé les yeux. Et j'ai commencé... À monter. Au rez-de-chaussée... Les bancs connaissaient les secrets. Les murs... Avaient appris À garder le silence. Les mains étaient jointes. Les têtes baissées. Les regards... Cherchaient plus haut. Comme si le plafond Était une promesse. On m'a dit : "La lumière est là-haut." Alors... J'ai continué. Marche après marche... Je cherchais des réponses. Porte après porte... Je trouvais des serrures. Fenêtre après fenêtre... La lumière entrait. Mais jamais... L'air. Au premier étage... Le berger parlait de paix. Sa voix... Était douce. Ses yeux... Fatigués. Il portait les peines des autres. Mais les siennes... Restaient sous sa robe. Je lui ai demandé : "Où mène l'escalier ?" Il m'a répondu : "Continue." Sans lever les yeux. Plus haut... Les grandes fenêtres Donnaient sur des jardins Que personne ne traversait. Les tables étaient longues. Les coupes... Toujours pleines. Les étoffes... Plus lourdes Que certains silences. Je me suis demandé Pourquoi les marches Devenaient plus épaisses À mesure que les poches S'alourdissaient. Les clés ouvraient toutes les portes. Sauf une. Celle des consciences. Tout en haut... Il n'y avait plus de marches. Seulement... Le ciel. J'ai attendu. Longtemps. Le vent... A répondu avant lui. Alors j'ai compris... Que parfois... Le silence Est la seule réponse Qu'on ose donner. En redescendant... J'ai croisé un enfant. Il m'a demandé : "Alors... Tu l'as vu ?" Je lui ai souri. Et je lui ai dit : "J'ai surtout vu... Des hommes... Qui montaient." Depuis... Je ne cherche plus Le sommet. Je cherche... Celui Qui tend la main Au pied de l'escalier.

