Titre : Le Mur (L’Exilé du Rire) (Intro - Beat sombre, un piano mélancolique en boucle, quelques samples de rires étouffés qui se transforment en écho) (Couplet 1) Au début, y’avait le rire, y’avait l’or et le podium Le prince de l’humour, le roi de l’idiome Il grimpait les échelons avec une aisance rare Un duo légendaire, une plume dans le hasard Il jouait avec les codes, il bravait les interdits Le public l’acclamait, il était le favori Des plateaux télé, des salles qui se remplissent Il était la lumière, il était le bénéfice Mais dans les coulisses, le vent a commencé à tourner Quand il a voulu toucher à ce qui est encerclé Un sketch, une phrase, une sortie de route Et le château de cartes a commencé à prendre le doute. (Refrain) On l’a mis au placard, on a verrouillé la porte On a effacé son nom de la liste des cohortes Il était trop libre, il était trop bruyant Alors ils ont coupé le son, c’est devenu effrayant La scène est devenue un terrain miné Interdit de parole, interdit d’exister Le clown est devenu le diable, l'ennemi à abattre C’est l’histoire d’un homme qu’on a voulu mettre à quatre. (Couplet 2) Les médias, ces juges à la robe bien taillée Ont décrété la sentence, l'ont mis sur la sellette, écartelé Chaque vanne analysée, chaque mot disséqué Pour trouver la faille, pour pouvoir le lyncher Plus de tournées, plus de télés, le désert professionnel Ils ont voulu briser son élan, son âme rebelle Il a survécu dans l’ombre, loin des projecteurs Transformant son bannissement en une force, en une terreur Il a bâti son empire avec les moyens du bord Internet pour refuge, loin du système et de son corps C’est la guerre de l’image, c’est le combat des idées Contre une machine lourde qui veut tout décider. (Pont) (Le beat s'intensifie, batterie plus rapide) Est-ce que c’était de l’humour ou est-ce que c’était la ligne ? Est-ce qu’il a franchi la barre, ou est-ce qu’on a perdu le signe ? Peu importe le camp, peu importe le débat C’est le principe de censure qui s’invite dans le combat Quand on éteint une voix parce qu'elle dérange le cadre On fragilise la liberté, on accepte le nadir. (Couplet 3) Il est devenu le symbole de ce qu’on ne dit pas Celui qui fait peur, celui qu’on ne cite pas Le paria des ondes, le roi de la dissidence Il a transformé son silence en une immense présence On peut aimer le bonhomme, on peut le détester Mais on ne peut nier le poids de sa traversée Une carrière en zig-zag, de la gloire au bannissement Un miroir de l’époque et de ses errements Il reste là, tenace, dans son coin de tempête Pendant que le monde change et que le doute s'arrête. (Refrain) On l’a mis au placard, on a verrouillé la porte On a effacé son nom de la liste des cohortes Il était trop libre, il était trop bruyant Alors ils ont coupé le son, c’est devenu effrayant La scène est devenue un terrain miné Interdit de parole, interdit d’exister Le clown est devenu le diable, l'ennemi à abattre C’est l’histoire d’un homme qu’on a voulu mettre à quatre. (Outro) (Beat qui ralentit, son de micro qu’on éteint) Le silence est lourd... Mais le rire, lui, il est têtu. Il finira par sortir... Par la fenêtre, par la porte, ou par le toit. (Bruit de fermeture de rideau de théâtre) Fin du sketch.



