
J'ai débridé le ciel trop gris, J'y ai apporté mes nuances, Quelques couleurs qui ont un prix, Celui d'écrire nos pas de danse. J'ai déboisé le vieux quartier, De toutes ces ronces endormies, Mais je ne me suis pas méfiée, Qu'au fond le puits était maudit. Et j'ai coupé le papier, J'ai coupé, j'ai coupé, Et j'ai retenu mon arme, J'l'ai serrée, j'l'ai serrée. Pour ne point qu'elle me déchire, Me déchire, me déchire, Comme un poignard enflammé, J'ai soufflé, j'ai soufflé. J'ai soufflé le papier. Oh, le papier. J'ai avancé vers toi seul'ment, Pas vers les autres mais que vers toi, Tu m'as pris la main calmement, Tu m'as dit:" suis moi et tais toi". Ton corps est froid comme un reptile, J'pense :" et si t'avais pas de vie?" Est-ce que ça d'vient vraiment utile, Que j'espère que tu sois en vie? Et j'ai coupé le papier, J'ai coupé, j'ai coupé, Et j'ai retenu mon arme, J'l'ai serrée, j'l'ai serrée. Pour ne point qu'elle me déchire, Me déchire, me déchire, Comme un poignard enflammé, J'ai soufflé, j'ai soufflé. J'ai soufflé le papier. Oh, le papier. C'est comme une demi mesure, Qui te trace dans son tempo, Un amour et toutes ses blessures, Qui se dessinent sur ma peau. Je suis enceinte de la pilule, Dans l'atmosphère de mon déni, Je vole comme une libellule, Et c'est comme ça je te le dis. Et j'ai coupé le papier, J'ai coupé, j'ai coupé, Et j'ai retenu mon arme, J'l'ai serrée, j'l'ai serrée. Pour ne point qu'elle me déchire, Me déchire, me déchire, Comme un poignard enflammé, J'ai soufflé, j'ai soufflé. J'ai soufflé le papier. Oh, le papier. Et j'ai coupé le papier, J'ai coupé, j'ai coupé, Et j'ai retenu mon arme, J'l'ai serrée, j'l'ai serrée. Pour ne point qu'elle me déchire, Me déchire, me déchire, Comme un poignard enflammé, J'ai soufflé, j'ai soufflé. J'ai soufflé le papier. Oh, le papier.

