
J'ai retrouvé ton vieux message au fond d'un tiroir oublié. Trois lignes écrites après l'orage, trois mots que je n'avais pas compris alors. Tu disais : « Si tu passes un jour, laisse tomber, viens sans prévenir. On parlera comme autrefois, on verra bien ce qu'il reste à dire. » On ira demain, si demain nous attend, on prendra la route sans savoir où elle va. On laissera derrière nous les années, les regrets qu'on ne compte même pas. On ira demain, juste un peu plus loin, comme quand nous étions jeunes et certains de tout. Et si le monde a changé depuis, il nous reste encore quelque chose entre nous. Je t'ai retrouvé devant la gare, avec deux cafés dans les mains. Tu avais quelques cheveux blancs, mais ton sourire n'avait pas changé. On a parlé de ceux qui sont partis, des rêves qu'on avait oubliés. Puis tu m'as dit : « Tu viens avec moi ? Il y a tant de choses à rattraper. » On ira demain, si demain nous attend, on prendra la route sans savoir où elle va. On laissera derrière nous les années, les regrets qu'on ne compte même pas. On ira demain, juste un peu plus loin, comme quand nous étions jeunes et certains de tout. Et si le monde a changé depuis, il nous reste encore quelque chose entre nous. On n'a pas besoin de promesses, ni de refaire le temps perdu. Il suffit parfois d'une présence pour comprendre qu'on n'est pas seul. On ira demain, si demain nous attend, et cette fois nous partirons vraiment. Pas pour chercher ce qu'on a perdu, mais pour voir ce qui reste devant nous. On ira demain, juste un peu plus loin, avec nos histoires dans les poches. Et si la vie nous demande encore, nous répondrons simplement : « On marche. » La gare s'est vidée autour de nous. Le dernier train est déjà passé. On est restés là quelques secondes, puis nous sommes partis à pied.

