
[INTRO — Batterie sèche • Basse lourde saturée] [COUPLET 1] Je ne supporte plus les gens, Leurs nerfs à vif, leurs appétits violents. Cette façon de prendre avant même de demander, Comme si le monde entier leur était réservé. La patience agonise au bord des comptoirs, Fini le respect, on évite les regards. Ça pousse dans le dos, ça piétine devant, Chacun taille sa place dans celle du suivant. J’aime ma vie — c’est presque ironique, C’est tout ce qui l’entoure qui me devient toxique. Certains jours, j’ai cette envie qui me prend : Partir avant de leur ressembler vraiment. [PRÉ-REFRAIN] À force de croiser les mêmes visages fermés, Ces tempêtes levées pour quelques secondes volées, Je sens une part de moi se rétracter, Comme si l’humain finissait par m’écœurer. [REFRAIN — Explosion] Alors j’ai ces pensées de tout plaquer, Une valise, un avion, n’importe où mais m’éloigner. Laisser derrière moi leurs guerres minuscules, Leurs droits imaginaires, leurs colères ridicules. Prendre de l’air avant d’en manquer, Avant que leur vacarme ne finisse par m’user. Je n’ai pas perdu l’envie de vivre — J’ai seulement envie de les fuir. [COUPLET 2] Le « moi d’abord » leur remonte jusqu’aux yeux, À force de vouloir tout, ils ne se voient même plus. Une place, une minute, un objet convoité, Et soudain la raison peut bien aller crever. Prêts à se déchirer pour du Nutella. Des adultes, poings serrés — oui, on en est là. Un pot en moins et les masques se fissurent, Le vernis tient moins bien que leurs belles postures. Alors... la vraie question : Si l’abondance vacille, s’il ne reste presque rien, Si demain la peur entre vraiment dans nos maisons, Qu’est-ce qu’il restera sous la civilisation ? [PRÉ-REFRAIN 2] On se croit solides parce que les rayons sont pleins, Civilisés tant que personne ne touche à notre bien. Mais gratte un peu la surface, contrarie leurs envies : Le chacun pour soi n’attendait qu’un alibi. [REFRAIN — Plus violent] Alors j’ai ces pensées de tout plaquer, Une valise, un avion, n’importe où mais m’éloigner. Laisser derrière moi leurs guerres minuscules, Leurs droits imaginaires, leurs colères ridicules. Prendre de l’air avant d’en manquer, Avant que leur vacarme ne finisse par m’user. Je n’ai pas perdu l’envie de vivre — J’ai seulement envie de les fuir. [PONT — Saturation maximale] Prends. Pousse. Exige. Le monde appartient à celui qui parlera le plus fort. Cours. Double. Écrase. Et surtout ne te retourne pas sur ce que tu laisses derrière. On appelle ça vivre ensemble pour se donner bonne conscience, mais chacun trace sa frontière dès qu’il faut céder quelque chose. Et moi, au milieu, je sens monter cette fatigue noire, celle qui ne fait plus de bruit, celle qui te fait regarder les autres sans plus rien attendre d’eux. [INSTRUMENTAL — CHAOS • Guitares abrasives • Basse saturée] [BREAK — Tout s’arrête] [OUTRO — Guitare claire • Tension contenue • Aucun apaisement] Pourtant... J’suis toujours là dans ce foutu merdier, en espérant que l’humanité ne soit pas totalement flinguée... [FINAL — Extinction]

