
Day 185 — Why?
Why...? This question haunt me... I don’t know what to believe anymore. They keep telling us it’s for the country. For freedom. But it doesn’t feel like freedom out here.... It feels like waiting to die in someone else’s plan.... I keep thinking about you. Every morning, every night... Sometimes I write your name in the dirt before we move, just to see something clean for a second... It helps.. A little... We lost more men this week... Hayes... Miller... Gone like they were never here... No one even said their names after. Just silence, boots in the mud, new orders... It’s like they vanish twice, once when they die, and again when no one remembers... I still try to believe this means something... That I'm protecting you, protecting home... But when I close my eyes, I don’t see any of that... I just see faces... Some of them ours... Some of them theirs... They all look the same when they fall... I’ve thought about walking away... Just... dropping everything and leaving... But I hear your voice... Telling me to come back... And that’s what keeps me here, I think... Not orders, not flags, just you... I’m angry, if I’m honest... At them, at myself, at all of it... They send us out there like we’re already dead... And I keep coming back... Every time I do, there’s fewer of us... And I start wondering if maybe I’m not supposed to be the one left standing... You’d hate to hear me like this... I can almost see your face, that little frown you make when you’re trying not to worry... You’d tell me to hold on. To believe. But it’s hard, love... It’s so damn hard to believe in anything out here... If I make it home, I don’t think I’ll ever talk about this... Maybe I’ll just sit with you, and let it fade... But right now, in this noise, all I can think is, why? Why us? Why here? Why any of it...? I’m still holding on, for you... That’s all I know how to do... -------------------------------------------------------------------------------- Pourquoi... ? Cette question me hante... Je ne sais plus quoi croire. Ils nous répètent que c’est pour le pays. Pour la liberté. Mais ici, ça ne ressemble pas à la liberté... Ça ressemble à attendre de mourir dans le plan de quelqu’un d’autre... Je pense à toi. Chaque matin, chaque soir... Parfois j’écris ton nom dans la terre avant qu’on reparte, juste pour voir quelque chose de pur, ne serait-ce qu’une seconde... Ça aide... un peu... On a encore perdu des hommes cette semaine... Hayes... Miller... Disparus comme s’ils n’avaient jamais existé... Personne n’a même prononcé leurs noms après. Juste le silence, des bottes dans la boue, de nouveaux ordres... C’est comme s’ils disparaissaient deux fois, une fois quand ils meurent, et une autre quand plus personne ne s’en souvient... J’essaie encore de croire que tout ça veut dire quelque chose... Que je te protège, que je protège la maison... Mais quand je ferme les yeux, je ne vois rien de tout ça... Je vois juste des visages... certains des nôtres... d’autres des leurs... Ils se ressemblent tous quand ils tombent... J’ai pensé à partir... Juste... tout laisser et m’en aller... Mais j’entends ta voix., qui me dit de revenir... Et c’est ça qui me retient, je crois... Pas les ordres, pas le drapeau, juste toi... Je suis en colère, pour être honnête... Contre eux, contre moi, contre tout ça... Ils nous envoient là-bas comme si on était déjà morts... Et je continue de revenir... À chaque fois, on est moins nombreux... Et je me demande si je suis vraiment censé être celui qui reste debout... Tu détesterais m’entendre parler comme ça... Je vois presque ton visage, ce petit froncement de sourcils quand tu essaies de ne pas t’inquiéter... Tu me dirais de tenir bon. De croire... Mais c’est dur, mon amour... Tellement dur de croire en quoi que ce soit ici... Si je rentre à la maison, je crois que j’en parlerai jamais... Peut-être que je me contenterai de m’asseoir avec toi, et de laisser tout ça s’effacer... Mais là, dans ce vacarme, tout ce à quoi je pense, c’est pourquoi? Pourquoi nous? Pourquoi ici? Pourquoi tout ça...? Je m’accroche encore, pour toi... C’est tout ce que je sais faire...

