
Nous avons eu de la chance
Les sentiers empruntés dans mon enfance Étaient tracés par des vaches, sans cloches. Libres, à l’écoute des merles, l’éloquence, Paisibles, malgré nos rires à leur approche Nous n’avions pas d’automne, de feuilles caduques Mais un ciel bleu, cotonneux de nuages Sur nos ruisseaux pas le moindre aqueduc Mais tout autour de l’île, c’était la plage… Le vélo, pour aller voir les copines Occasionnait bien quelques sparadraps, De même que dans les haies, les épines. Jeunes, en forme, nous jouions les fiers à bras. Parfois, Papa nous confiait la brouette, Pour ramasser les bouses à la lisière… À défaut d’engrais, nous faisions la fête ! Vidangions sodas et bouteilles de bière Malgré cette absence de tutelle, Comme les vaches, sans la moindre anicroche Ou de nos mères, le moindre coup d’ombrelle Sentiers faisant, jusqu’au bac ; … qu’on décroche !

