
[INTRO] (murmure mélodique) Mmh... mmh... Le vent tourne entre les horloges suspendues. Une annonce se perd dans l'immensité du hall. Quelque part au bout des rails. Un train porte le nom de mes regrets. Mmh... [COUPLET 1] Sous la verrière, les minutes tombent une à une dans le même silence. Les voyageurs traversent ma nuit comme des pages qu'on ne relira jamais. Je garde entre les doigts un billet qui ressemble à une mauvaise décision. Et les aiguilles continuent leur ronde sans demander l'avis de personne. Ton absence s'est installée dans chaque reflet des fenêtres fermées. Comme une chanson inachevée qui refuse encore de quitter la tête. Je croyais attendre un départ. Je comprends peu à peu que j'attends surtout une réponse. [PRÉ-REFRAIN] Alors je questionne cette voix qui habite derrière mes certitudes. Celle qui connaît les mensonges que je raconte même à moi-même. [REFRAIN] Train vers hier. Vers les paroles abandonnées au milieu des tempêtes. Train vers hier. Vers les portes refermées sans comprendre ce qu'elles protégeaient. Je pourrais suivre ton ombre jusqu'au dernier kilomètre. Mais aucun voyage en arrière ne transforme les ruines en palais. (murmure) Mmh... mmh... [COUPLET 2] J'ai longtemps construit des coupables pour éviter mon propre miroir. Des labyrinthes parfaits où mes erreurs changeaient toujours de visage. Je répétais que le hasard avait mélangé les cartes contre nous. Comme si mes propres mains n'avaient jamais touché le jeu. Les souvenirs reviennent parfois avec la douceur d'une ancienne blessure. Ils n'attaquent plus. Ils expliquent. Ils montrent les détours que je refusais de regarder. Et ton départ éclaire aujourd'hui des pièces restées fermées trop longtemps. [PRÉ-REFRAIN] Une annonce résonne sous les arches comme une phrase impossible à contourner. Certaines douleurs disparaissent seulement lorsqu'on cesse de les nourrir. [REFRAIN] Train vers hier. Vers les promesses perdues entre deux battements de cœur. Train vers hier. Vers les questions restées suspendues dans l'air des années. Je pourrais courir derrière chaque souvenir qui porte ton prénom. Mais aucun retour en arrière ne fabrique un nouveau commencement. (murmure mélodique) Mmh... mmh... Mmh... mmh... [PONT] Les rails s'étirent jusqu'à l'horizon comme des lignes écrites avant ma naissance. Ils traversent des paysages que je ne connaîtrai peut-être jamais. Et pourtant ils avancent. Toujours. Sans négocier avec ce qui est déjà passé. Peut-être que vivre ressemble à cela. Accepter que certaines pages restent tournées. Même lorsque leur parfum demeure entre les chapitres. [DERNIER REFRAIN] Train vers hier. Pars sans moi cette nuit. Emporte les scénarios que je réécrivais dans ma tête depuis des saisons. Train vers hier. Je choisis enfin le quai du présent. Avec ses cicatrices. Avec ses doutes. Avec sa vérité. Car mon cœur n'a jamais eu besoin d'un retour. Seulement d'une direction. [OUTRO] (murmure lointain) Mmh... Le grondement s'efface derrière les collines obscures. Mmh... Et dans le verre des grandes fenêtres. Je reconnais enfin quelqu'un. Quelqu'un qui avance. (murmure qui s'éloigne) Mhmm... Mhmm... Et moi... Enfin.

