
Au Québec, on vieillit, pis pas rien qu’un p’tit peu, Les cheveux deviennent gris, les statistiques aussi, mon vieux. Les vingt à soixante-quatre tiennent encore le fort, Pendant qu’les soixante-cinq et plus arrivent en renfort. En deux mille trente et un, ça va être assez clair : Un Québécois sur quatre aura passé soixante-cinq hivers. Pis pendant qu’on regarde ça en disant : Ça va bien aller Y’a la machine gouvernementale qui commence à tousser. Parce qu’un peuple qui vieillit, ça demande plus de soins, Pis des infirmières magiques… ben crisse, y’en pousse pas dans l’foin. On manque déjà de monde, de lits pis de solutions, Mais inquiétez-vous pas trop… on va faire une commission! 🎵 Nous autres, on n’est pas prêts! On avance dans l’mur, mais avec un beau rapport bien paginé. Nous autres, on n’est pas prêts! Mais tabarnak qu’on est bons pour dire qu’on va s’adapter! Les urgences débordent, les travailleurs sont brûlés, Les infrastructures vieillissent avec les retraités. Pis quand viendra le temps de payer tout c’beau projet… On va regarder nos impôts pis dire : **Ben voyons donc, câlisse… qui aurait pu prévoir ça? ** Selon les calculs du ministère des Finances, Un pour cent de plus chez nos aînés, ça change la danse : Environ quatre cent dix millions de dépenses additionnelles, Toutes choses étant égales — la p’tite phrase traditionnelle. Pis la santé va prendre une bonne partie du choc, Pendant qu’on cherche encore un médecin dans notre bloc. Plus de besoins, plus de soins, plus de pression partout, Mais pas nécessairement plus de travailleurs pour payer l’tout. Parce que voilà l’petit détail qu’on aime moins raconter : Ceux qui ont besoin des services vont augmenter Plus rapidement que ceux qui travaillent à temps plein Pour financer la patente du lundi jusqu’au vendredi matin. 🎵 Nous autres, on n’est pas prêts! On connaît les chiffres, mais ça serait plate de s’énerver. Nous autres, on n’est pas prêts! On va probablement régler ça avec un comité! Un sous-comité, trois rapports, Une consultation jusqu’à dehors, Pis quand le problème va cogner dans porte : **Ouin… faudrait peut-être faire quelque chose de plus fort. ** Attention pareil, faut pas tomber dans l’facile : Soixante-cinq ans, ça veut pas dire inutile. Les aînés paient des taxes, plusieurs travaillent encore, Pis vieillir n’transforme personne en trou dans l’budget du Trésor. La santé coûte cher pour mille autres raisons, Les salaires, les médicaments, les infrastructures, l’innovation. Mais quand la démographie te crie ça dans face depuis vingt ans, Faire semblant d’être surpris… c’est un peu fatigant. Parce qu’un retraité, selon notre fiscalité, A souvent moins d’impôt qu’un travailleur salarié. Donc plus de besoins pendant que la base avance moins vite… Pas besoin d’un doctorat pour voir que l’équation s’effrite. Faque résumons. Plus de monde âgé. Pas beaucoup plus de monde en âge de travailler. Un réseau de santé qui cherche déjà son souffle. Des infrastructures qui ont connu Passe-Partout en première diffusion. Pis notre plan? … Optimiser. Ah ben tabarnak. Là, j’suis rassuré. 🎵 NOUS AUTRES, ON N’EST PAS PRÊTS! Mais on a encore l’temps si on arrête de niaiser. Nous autres, on n’est pas prêts! Faudra produire mieux, prévoir mieux, pis arrêter d’improviser. Parce qu’on peut monter les taxes, On peut emprunter encore, On peut couper dans les services En espérant qu’ça passe dehors. Ou ben on peut se demander maintenant Comment faire mieux avec notre argent. Parce que le Québec de demain s’en vient, Qu’on soit prêts… ou qu’on le soit crissement pas. Le Québec vieillit. C’est pas une opinion. C’est pas une panique. C’est une transition. Pis le problème avec demain, C’est qu’à force de dire qu’on verra ça plus tard… Un matin, câlisse, plus tard… c’est aujourd’hui.

