
(Oh là là… quel show…) Huit fois j’ai filmé, huit fois le vide… Il monte sur scène, grand sourire figé Convaincu d’être drôle, prêt à briller Des vannes recyclées, des regards en coin Mais même les murs veulent partir plus loin Tu veux qu’on t’aime, qu’on t’admire Mais tu sais surtout très bien mentir Reste dans ton dojo, c’est mieux pour tout le monde Ton humour sonne faux, ton ego vagabonde Tu cherches la lumière, mais t’as rien dans l’spot T’as voulu être star, t’as fait un gros flop Enfant oublié, jamais applaudi Alors t’as appris à jouer la comédie Séduction, contrôle, masque à volonté Mais sous la façade, que du vide en vérité Tes sketches tombent à plat, silence gêné Tu forces le rire comme on force à aimer Reste dans ton dojo, t’es plus crédible là-bas Sur scène t’as le flow… d’un micro sans voix T’as la gestuelle, mais pas la chaleur Et ton public ?... bah il compte les heures Huit vidéos, huit malaises Tu penses toucher l’art, mais tu touches la nausée La scène, c’est pas ton ring Et l’âme, ça s’achète pas dans un kiai Reste dans ton dojo, c’est ton seul vrai terrain Là t’es respecté, pas juste lourd et malsain Fais des katas, oublie les punchlines Le stand-up c’est pas ta ligne Je t’ai filmé, j’me suis filmée… Mais j’regarde plus, j’ai effacé.

