
Je chante les pattes du chat, ces fleurs nocturnes, Quatre astres de velours posés sur le silence ; Elles marchent en secret sur mes douleurs diurnes, Et bercent mon ennui d’une molle indolence. Elles savent le sol, la cendre et la lumière, Le frisson des pavés, la fièvre des alcôves ; Sous leurs coussins muets sommeille une prière Où le vice s’apaise et la grâce se trouve. Ô pattes du chat, suaves conspiratrices, Marchez sur mon cœur lourd sans le faire crier ; Ô pattes du chat, saintes pécheresses, Apprenez-moi l’art de fuir sans m’enfuir. Je les vois, talismans d’une lenteur divine, Voler sans ailes basses au-dessus du remords ; Chaque pas est un sort que le spleen devine, Chaque halte un baiser dérobé à la mort.

