
On les a pris la nuit, sans lumière Sans témoins, sans dernière prière Avec des mots lourds comme la pierre Qui condamnent avant de comprendre Ce n’était pas l’acier dans leurs mains Mais le silence de ce qu’ils savent Car ce que l’on tait renverse les rois Et fait trembler ceux qui gouvernent Ainsi s’écrit le temps perdu Dans la cendre et dans la flamme Ils n’avaient pas de tombe, pas d’adieu Seulement un serment qui demeure Les siècles passent, les voix s’effacent Mais quelque chose reste encore Ce qui brûle sans justice Revient comme une ombre sur l’aurore Sur la place, la fumée montait Elle ne brûlait pas que des corps Elle effaçait la mémoire Et ce que le monde refuse Et juste avant que la voix s’éteigne Un mot fut laissé dans l’air Pas une menace, ni une haine Mais une phrase pour l’éternel Je vous cite au tribunal de Dieu avant la fin de l’année Ainsi s’écrit le temps perdu Dans la cendre et dans la flamme Ils n’avaient pas de tombe, pas d’adieu Seulement un serment qui demeure Les siècles passent, les voix s’effacent Mais quelque chose reste encore Ce qui brûle sans justice Revient comme une ombre sur l’aurore Ils n’ont pas cherché la vengeance Ni le retour, ni le pardon Il suffit que l’histoire se souvienne De ceux qui brûlent… Et de ceux qui tiennent.

