
Dis-moi pourquoi, papa, maman s’est perdue, Dans ce couloir, où le silence m’éclabousse de verdure. Les murs, couleur d’attente, murmurent à demi-mot, Des hommes en blanc, des âmes grises, Et moi, je cherche un écho. Pourquoi j’ai peur, papa, dans ce lieu sans lumière ? Je tends les mains, je cherche l’air, Un souffle, un geste, une prière. Et mon cœur crie si fort son accord, Que ses mots résonnent encore… Maman. Nos rêves voyagent là-bas, Où la vie suspend son pas, Mais trop loin, trop loin pour toi, Je veux la tenir tout contre moi. Et soudain, elle revient, comme une étoile dans le matin, Ses yeux ouverts, un vent plus doux, Plus de chagrin, ni de remous. Avec toi, papa, tout s’éclaire, Quand elle est là, plus rien n’est amer. Dis-moi pourquoi, papa, ce vide en moi, S’efface enfin, quand elle est là.

