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Pardon, mon poète

Pardon, mon poète, Pardon. Pardon, mon poète. Je t'ai enterré, je t'ai emmuré. Mais met-on en prison une comète ? J'ai suivi la raison, j’ai tenté de devenir un être adapté à cette société. J'ai mis des barrières, je t'ai laissé derrière pour ne plus souffrir : ce que tu as à m'offrir d'indicible était trop lourd à porter. Après tant d’années de trop de sensibilité, impossible d'encore souffrir autant. Pardon, mon poète, Pardon. Pardon, mon poète. Je me suis protégé des dangers de trop d'émotions. J'ai remercié ta fée clochette, je lui ai refusé mon attention. J'ai tenté d'apprivoiser une vie "normale", de comprendre les humains, ce qu'ils font de leurs mains, d'accepter le mal. C'est beaucoup plus confortable. Mais tu es ma conscience ! L'insupportable, je veux qu'il me révolte ! Tant d'insouciance, d'actions stériles à cent mille volts me laissent bouche bée, perturbé. Reviens, mon poète, Reviens ! Reviens, mon poète ! Mais au lieu de hurler, murmure-moi ta tristesse… Montre-moi ta mine inquiète, chantonne-moi doucement ta joie… Viens installer avec délicatesse ta paix, ta foi en la magie, et modère un peu ton énergie si tu le peux. Reviens, mon inspiration, mon besoin de création, mais adoucis ma passion : elle me consume… Veille à mon équilibre. Je retombe violemment sur le bitume quand tu t'es envolé trop haut, quand tu as été trop libre. Dès que tu as trop de foi, je descends, chaque fois, au fond du tombeau ensuite. Ne me laisse plus cependant prendre la fuite. Merci d'avance. Tu me devances. ---------- © Arthur Sens 2026 Paroles originales, tous droits réservés