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Cœur Noirci dans la Mémoire

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V4.5-ALL

[voit d'homme d'a peu près 50 ans qui parle a travers une vielle télévision carré 50x50 avec une audition anciène d'un micro de mauvaise qualité] Intro "Dans c’pays, y a des peines qui choquent et des verdicts qui salissent la morale… Des victimes brisées à vie, pendant qu’certains coupables ressortent avec des années qu’ont l’air d’une blague. Et pendant c’temps-là, y en a qui défendent leur toit, leur dignité, leur survie… et c’est eux qu’on traite comme des criminels. La justice devrait protéger les innocents, pas rajouter du désordre au désordre. On vit dans une époque où l’bon sens passe après les papiers, les procédures, et les apparences. Alors dis-moi… à quel moment on a accepté l’inacceptable ?" [avec une voix de mec une audition d'un micro de bonne qualité] Couplet 1 J’ai grandi là où les rêves prennent l’humidité Dans les halls les vérités s’écrivent sans publicité Le cœur un peu cabossé, le regard trop réveillé On a vite appris qu’la vie vient rarement te tutoyer J’traîne mes semelles sur l’béton, les pensées dans la brume Des frères tombés dans l’silence, d’autres partis dans l’amertume Les murs ont des oreilles, les nuits gardent des dossiers Ici même les sourires peuvent venir te lessiver J’ai vu des mères tenir debout par miracle et par fatigue Des pères parler peu parce que la douleur les ligue Les petits veulent du coffre, des billets, d’la prestance Mais derrière les grands discours y a beaucoup d’manque et d’absence Donc j’écris comme on respire quand l’époque devient toxique J’crache des lignes lourdes, pas des slogans en plastique J’veux du fond dans mes mesures, du vécu dans mes images Pas juste un décor de rue pour maquiller le carnage Refrain On vient de loin, de la suie, du froid, des lendemains flous On garde la tête haute même quand le ciel devient fou J’avance avec mes fantômes, mes défaites, mes victoires Old school dans la texture, cœur noirci dans la mémoire Couplet 2 J’ai pas grandi dans les clips, j’ai grandi dans les fissures Là où l’bitume t’éduque avec des méthodes pas très sûres Chaque coin d’rue a son évangile, ses traîtres et ses fidèles Des types brillants qui s’égarent pour des promesses artificielles J’connais l’prix du silence quand la colère veut parler Le poids d’une dignité que personne vient réparer On veut des montres et des signes pour oublier les retards Mais la misère est rusée, elle sait revenir tard l’soir Alors j’bosse mes phases comme un forçat de la rime J’cherche pas l’applaudissement, j’veux qu’ça cogne et qu’ça imprime Dans ma ville ça survit plus souvent qu’ça ne vit Y a des regards qui demandent pardon sans jamais faire de bruit J’rappe pour les têtes usées, les insomniaques, les solides Ceux qui serrent les dents pendant qu’le monde devient vide Pas besoin d’en faire trop, la vérité marche sans chaîne Quand le réel monte sur scène, les poseurs rentrent dans l’ombre, à peine Refrain On vient de loin, de la suie, du froid, des lendemains flous On garde la tête haute même quand le ciel devient fou J’avance avec mes fantômes, mes défaites, mes victoires Old school dans la texture, cœur noirci dans la mémoire Couplet 3 Le temps m’a rendu plus sec, mais aussi plus lucide J’ai compris qu’les beaux discours rendent rarement le vide humide On porte tous un cimetière quelque part sous la poitrine Des regrets mal enterrés, des colères qu’on discipline J’fais du rap pour les miens, pour les absents, les invisibles Pour ceux qu’on calcule jamais sauf quand leur chute est lisible J’ai vu la foi s’effriter sur des factures et des peines Des types vendre leur honneur pour deux semaines un peu moins pleines Mais j’garde une flamme têtue dans le ventre et dans la gorge Une manière de rester droit quand le quotidien te forge J’viens pas vendre un conte, j’viens ramener d’la densité Du nerf dans chaque mesure, du vrai dans chaque vérité Si demain tout s’écroule, il m’restera l’encre et le souffle Cette rage mise en cadence, cette pudeur que rien n’essouffle On est nés dans le vacarme, on écrit pour faire des traces Et si le monde nous enterre, on rapp’ra depuis la crasse Refrain final On vient de loin, de la suie, du froid, des lendemains flous On garde la tête haute même quand le ciel devient fou J’avance avec mes fantômes, mes défaites, mes victoires Old school dans la texture, cœur noirci dans la mémoire