Dans les coulisses de l'espoir, un ballet se joue, Où le noir et le blanc dansent un pas de deux. Les prophètes du malheur, visages de hiboux, Tissent sans le savoir la toile des jours heureux. Pessimistes de métier, ils scrutent les abîmes, Dénichant les failles dans nos rêves d'azur. Mais leurs cris d'orfraie, leurs funestes maximes, Sont l'engrais secret d'un optimisme pur. Car plus ils prédisent tempêtes et naufrages, Plus nous nous préparons à affronter les flots. Leurs sombres augures sont autant de mirages, Qui nous poussent à bâtir des lendemains plus beaux. Prophètes de malheur, Cassandre des temps modernes, Vos prévisions sinistres sont notre tremplin. Vos "impossible" deviennent nos lanternes, Éclairant le chemin vers un meilleur destin. Ô paradoxe exquis ! Ô délicieuse ironie ! Ces Eeyore en costume sont nos boussoles. Leur morosité chronique, leur mélancolie, Sont le terreau fertile de nos farandoles. Alors, mes chers augures au front toujours plissé, Continuez donc à peindre en noir notre avenir. Car c'est grâce à vous que nous allons oser, Transformer vos cauchemars en rêves à chérir. Pessimistes professionnels, restez à votre poste ! Votre rôle est crucial dans ce grand carnaval. Car chaque "non" que vous lancez comme riposte, Est pour nous un défi, un appel triomphal. Ainsi va le monde, dans sa danse cosmique, Où l'ombre et la lumière s'enlacent sans fin. Vos prédictions funestes, tel un élixir magique, Nous vaccinent contre le doute et le chagrin. Alors merci, ô vous, prophètes de la déprime, D'être les gardiens secrets de notre optimisme. Vos paroles de plomb sont l'échelle sublime, Qui nous élève au-dessus de tout défaitisme.