
[Intro – harmonica seul, petit motif espiègle, puis le piano et le groove] [Couplet 1 – voix grave, slam, ton complice] Minuit dix, la maison dort, la rue s’est tue, quand une petite voix murmure au bout du couloir : « Papa… il est perdu. » Pas besoin d’en dire plus, il n’y a qu’un seul « il » quand il fait si noir. Un lapin, un ours ? On ne sait plus, avec le temps : une oreille recousue, un œil qui tient par un fil, gris de bave et de câlins, aplati par les ans — mais sans lui, fermer les yeux devient impossible. [Refrain – chanté, l’harmonica répond] Sous le canapé, derrière le frigo, dans le coffre de l’auto, sous la pluie, en pyjama — je cherche un trésor que personne ne voudrait, mais qui vaut plus que l’or : sans lui, tu ne dors pas. [Couplet 2 – le groove s’installe] J’ai fait le salon à quatre pattes, la lampe du téléphone, soulevé les coussins, les bottes, le panier de linge sale. J’ai trouvé trois pièces, un Lego, une chaussette d’automne, des miettes de l’an dernier — mais pas l’animal. Derrière le frigo : la poussière d’une autre vie, un aimant de vacances, un dessin qu’on croyait perdu. Et là-haut une voix qui grelotte : « T’as trouvé, dis ? » « Pas encore, ma puce… » Mais je ne lâche pas, je ne lâche plus. [Refrain] [Pont – parlé, harmonica seul, en sourdine] Alors j’ai pensé à la voiture. Les pantoufles, la pluie, le parking. Le coffre qui s’ouvre comme une caverne. Et là, coincée entre le parapluie et les courses de samedi… une oreille. [Break – l’harmonica exulte, piano et groove] [Couplet 3 – voix grave, plus douce] Je suis remonté trempé, victorieux, ridicule, le doudou contre mon cœur comme on rapporte un butin. Tu l’as serré si fort, sans un mot, les paupières qui basculent, tu dormais déjà avant que j’aie lâché ta main. Et moi je suis resté là, les pieds mouillés dans le noir, à regarder cette chose rapiécée, baveuse, sans prix. Personne n’en voudrait, pas un euro sur un trottoir — mais ce soir-là, crois-moi, j’ai rapporté l’univers à ton lit. [Refrain final – chanté, plus doux] Sous le canapé, derrière le frigo, dans le coffre de l’auto, sous la pluie, en pyjama — j’ai trouvé le trésor que personne ne voudrait, mais qui vaut plus que l’or : dors, maintenant. Je suis là. [Outro – harmonica seul, tout doux, voix parlée] Bonne nuit… Et bonne nuit à toi aussi, qui que tu sois.

