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𝗧 | 01 • L’île sous cloche

Téléchargement en cours… Interface activée… Bienvenue… Specimen… Le sable colle à ma peau, seconde chair malade L’océan frappe les rochers… toujours au même rythme Et cette lumière dans mon bras pulse comme un cœur étranger Je ne connais pas mon nom. Mais cet endroit… Semble vouloir m’apprivoiser. Réveil brutal sous un ciel étinslant Le soleil découpe la plage comme une lame chauffée à blanc J’ai la gorge sèche, les jambes couvertes de sel Et des silhouettes géantes traversent un décor irréel Des créatures paisibles broutent près du rivage Pendant qu’au loin des rugissements transpercent les feuillages Chaque souffle du vent transporte un cri différent Chacun d’eux réveille un instinct survivant Mais un rugissement tombe du ciel Et mon sang devient glacé Ici, même la flore semble capable de tuer Le jour rassure Mais le crépuscule ment Quand la nuit tombe Tout devient différent… Cours… Respire… Procrastine ton trépas… Bâtis… Survis… Tiens même si tout vole en éclats… Tame… Breed… Car seul tu n’y arriveras pas… Dans cette île sous cloche… Le monde te dévorera… Les heures passent Et quelque chose change en moi Mes mains savent avant même que je comprenne pourquoi Une pierre devient une lame Un arbre devient un toit Comme si quelqu’un d’autre survivait à travers moi Je construis lentement un refuge maladroit Quatre murs fragiles contre l’immensité du froid La chaleur envahit mon corps épuisé, tremblant… Pour la première fois ici… Je respire sereinement Mais parfois quand je ferme les yeux près des flammes Je vois des fragments Des villes Des machines Puis plus rien… Seulement les vagues et le vent Cours… Respire… Procrastine ton trépas… Bâtis… Survis… Tiens même si tout vole en éclats… Tame… Breed… Car seul tu n’y arriveras pas… Dans cette île sous cloche… Le monde te dévorera… Cabane solitaire au bord de la rivière La pluie tambourine fort sur un toit de misère Je croyais comprendre un peu les règles du décor Jusqu’au moment où la forêt s’est tue d’un seul accord Plus d’insectes Plus d’oiseaux La vie semblait… vouloir s’enfuir Deux griffes devant la porte Immenses sous l’orage Des faucilles rouillées sorties d’un enfer sauvage Bois qui casse, cabane qui expire Les griffes traversent les murs sans ralentir Le coffre vole en éclats, la torche meurt Je fuis dans la jungle guidé par la peur Branches au visage, rivière jusqu’aux genoux Chaque souffle épouse les battements de mon pouls Ce monstre aux doigts acérés déchire la nuit derrière moi Comme une tempête se nourrissant de mon effroi Spécimen vivant… erreur… Axi….? Explore… Pourchasse… Survivre pour seule obsession… Élève… Bats-toi… Vise ta propre ascension… Évolue… Dépasse-toi… Comme dans une simulation… Dans cette île sous cloche… Le monde forcera ton évolution…