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Les créatures blanches.

V5.5

Écoute… Les murs respirent encore. Les couloirs suintent Une lumière de viande froide Les néons pendent Comme des vertèbres malades Y a des ombres sous les portes Qui remuent dans du liquide noir Des infirmiers sans paupières Qui sentent la rouille du soir Le pavillon tousse des râles Par ses bouches d’aération Quelque chose bat sous le sol Comme un cœur sous On avale la nuit La nuit ouvre nos ventres Les créatures blanches Entrent… entrent… entrent… On avale la nuit Sous les néons qui mordent Et les anges détraqués Dansent encore dans l’ombre Le psychiatre a des branchies Sous son col humide Il parle dans une langue lente Pleine de fièvre et de liquide Ses doigts sentent le formol Et les fleurs mortes sous la pluie Quand il touche mon visage J’entends des insectes qui prient Le bâtiment respire fort Par ses tuyaux pleins de fièvre Comme une bête nourrie d’hommes Qui mâche lentement nos rêves On avale la nuit La nuit ouvre nos ventres Les créatures blanches Entrent… entrent… entrent… On avale la nuit Sous les néons qui mordent Et les anges détraqués Dansent encore dans l’ombre Je sens leurs doigts sous ma peau Leurs voix dans mes poumons Elles construisent des cathédrales Dans la viande de mon nom Les miroirs accouchent de visages Qui me ressemblent un peu On avale la nuit La nuit mange nos membres Les créatures blanches Restent… restent… restent… On avale la nuit Dans le ventre du décor Et les anges détraqués Dansent encore… encore… (Busayan présente Synaps Fantôme Connexion invisible, émotions réelles.)