
- Une œuvre originale de Uther el Conti, réalisée avec assistance créative - © Copyright 2026 - This song is part of the playlist "Les Sept Ombres" https://suno.com/playlist/8277430f-b139-4a22-9269-8daa11b3b4d7 ___________________________ [Livre I – Chambre sans miroir] Ici, personne ne se regarde : il n’y a rien à voir. L’absence est plus fidèle qu’un visage. On ne perd rien à disparaître, sinon le mensonge d’être soi. Chaque mur est une paupière close. Le silence n’est pas vide : c’est la vérité sans témoin. Un nom ne sauve rien. Ce que j’ai oublié pèse davantage que ce que je sais. Les miroirs ne servent qu’à nourrir le dégoût. Mieux vaut un monde sans reflet qu’une vie où l’on se reconnaît. [Refrain] Absence délivrance, je n’ai plus de miroir. Absence délivrance, je n’ai plus de corps. [Livre II – Le festin des carcasses] On se nourrit toujours de ce qui nous détruit. Les convives rient avec la bouche pleine de cendres. Les vivants n’ont pas de repas : seulement une faim qui tourne en rond. Chaque parole mâchée devient un os. Nous sommes tous attablés à la même putréfaction. Les plus polis lèvent leur verre à l’éternité. Mais l’éternité n’a pas de goût. La seule prière sincère est celle qu’on avale avec sa propre chair. Banquet des illusions : personne ne sort rassasié. [Refrain] Festin des carcasses, où rien ne rassasie. Festin des carcasses, où tout se dévore. [Livre III – Litanie des murs fêlés] La pierre a une mémoire que le sang n’oublie pas. Les murs retiennent tout : les cris, les serments, les trahisons. Chaque fissure est une cicatrice qui continue de parler. On n’entend pas les murs, on subit leurs échos. L’écho n’est pas une réponse : c’est un refus de mourir. À force de répéter, le silence se brise. Je ne sais plus si je parle ou si je me reflète en poussière. Les murs sont des juges qui ne pardonnent jamais. Leur litanie est plus longue que nos vies. [Refrain] Litanie des murs fêlés, ils parlent plus fort que moi. Litanie des murs fêlés, ils ne pardonnent jamais. [Livre IV – La pluie de cendres] Un ciel qui s’effondre ne pleure pas : il se dissout. Il ne tombe plus de pluie, seulement des restes. Chaque pas enfonce le corps dans le sol comme une tombe précoce. Nous marchons dans la poussière de nos propres désastres. La cendre n’efface pas, elle recouvre. Ce qui brûle une fois continue de s’éteindre pour toujours. La lumière a déserté, mais l’ombre s’accroît. Tout ce qui se consume s’accroche encore au monde. Nous respirons le deuil comme si c’était de l’air. [Refrain] Pluie de cendres neige sans printemps. Pluie de cendres je respire le deuil. [Livre V – Le souffle coupé] Il n’y a pas de respiration innocente. Chaque souffle est un pacte avec la douleur. L’air s’introduit comme une lame invisible. Le cœur bat à contre-courant du monde. On étouffe toujours dans les bras de ce qu’on aime. L’amour, la foi, la liberté : trois synonymes pour étranglement. Le silence est un poumon crevé. Le dernier souffle n’est pas une délivrance, mais une répétition. On meurt d’avoir trop respiré. [Refrain] Souffle coupé chaque mot saigne. Souffle coupé chaque cri s’étrangle. [Livre VI – Les chiens de minuit] Ils aboient aux frontières de ma conscience. Nul besoin de maître pour les guider : ma peur leur suffit. Leurs pas sont plus rapides que mes fuites. Ils flairent la trace des fautes comme un parfum éternel. Fuir, c’est les nourrir. Résister, c’est les exciter. Je n’ai jamais vu leur visage : seulement leurs crocs. Chaque nuit me les ramène. Quand ils se tairont, je saurai que je suis mort. [Refrain] Ils ne te tueront pas. Ils te garderont vivant, juste assez pour écouter encore et encore leur liturgie de crocs et de nuit. [Livre VII – L’ombre finale] La fin n’est pas un effondrement, mais une lente érosion. On ne tombe pas : on s’efface. La poussière retourne à la poussière sans cérémonie. Le néant ne nous attend pas : il est déjà là. On ne meurt pas une fois, mais à chaque instant où la mémoire faiblit. La lumière est une rumeur que la nuit a inventée. Toute naissance est une erreur prolongée. Il ne reste rien à sauver. L’ombre ferme le livre, et le livre n’a jamais été ouvert.

