
L'été de nuit
[Intro] Navire d'un été. Et toi comme à la proue, comme le temps s'achève. Dépliant des étoffes peintes, parlant bas. Dans ce rêve de mai l'éternité montait parmi les fruits de l'arbre Et je t'offrais le fruit qui illimite l'arbre Sans angoisse ni mort, d'un monde partagé. Vaguent au loin les morts au désert de l'écume. Il n'est plus de désert puisque tout est en nous Et il n'est plus de mort puisque mes lèvres touchent L'eau d'une ressemblance éparse sur la mer. Navire d'un été. Et toi comme à la proue, comme le temps s'achève. [Chorus] Dépliant des étoffes peintes, parlant bas. Dans ce rêve de mai, L'éternité montait parmi les fruits de l'arbre Et je t'offrais le fruit qui illimite l'arbre Sans angoisse ni mort, d'un monde partagé. [Break: Viola da gamba, Cello melodic] Vaguent au loin les morts au désert de l'écume. Il n'est plus de désert puisque tout est en nous Et il n'est plus de mort puisque mes lèvres touchent L'eau d'une ressemblance éparse sur la mer. O suffisance de l'été, je t'avais pure Comme l'eau qu'a changée l'étoile, comme un bruit D'écume sous nos pas d'où la blancheur du sable O suffisance de l'été, je t'avais pure Comme l'eau qu'a changée l'étoile, comme un bruit D'écume sous nos pas d'où la blancheur du sable Remonte pour bénir nos corps inéclairés. [Repeat] Il me semble, ce soir, Que le ciel étoile, s'élargissant, Se rapproche de nous ; et que la nuit, Derrière tant de feux, est moins obscure. Et le feuillage aussi brille sous le feuillage. Le vert, et l'orangé des fruits mûrs, s'est accru, Lampe d'un ange proche ; un battement De lumière cachée prend l'arbre universel. Et si demeure Autre chose qu'un vent, un récif, une mer, Je sais que tu seras, même de nuit l'ancre jetée, les pas titubant sur le sable, Et le bois qu'on rassemble, et l'étincelle Sous les branches mouillées, et, dans l'inquiète Attente de la flamme qui hésite, La première parole après le long silence, Le premier feu à prendre au bas du monde mort. Il me semble, ce soir Que nous sommes entrés dans le jardin dont l'ange a refermé les portes sans retour. Il me semble, ce soir Que le ciel étoilé s'élargissant, Se rapproche de nous ( ouff ffuuh) Derrière tant de feux, moins obscure. derriere la nuit tant de feu, tant de feu ... tant de feu ... [End]

