[Intro — guitare douce, souffle du vent, quelques vagues lointaines] Il naviguait seul depuis longtemps déjà, parlant aux étoiles quand le monde ne répondait pas. Son bateau connaissait ses silences et ses peurs, les chemins sans rivage et les tempêtes du cœur. --- Couplet 1 Un matin, dans la lumière, près de l’écume argentée, il aperçut une ombre bleue qui semblait vouloir danser. Pas une immense baleine comme celles des légendes, mais une petite âme vive, curieuse, douce et tendre. Elle approcha du bateau, puis disparut sous les flots. Le marin sourit tout bas : « Reviendras-tu demain ? » --- Couplet 2 Le lendemain, à l’aurore, elle nageait dans son sillage, comme un éclat de ciel bleu venu partager son voyage. Elle ne demandait rien, il ne cherchait pas à la retenir. Ils apprenaient simplement à se reconnaître et à sourire. Lui racontait ses pays, ses amours et ses naufrages. Elle répondait par un souffle, un plongeon, quelques éclaboussures sauvages. --- Refrain Je ne peux pas vivre au fond de ton océan. Tu ne peux pas marcher sur ma terre avec le vent. Mais entre le ciel et l’infini de la mer, il existe un endroit que nul ne peut nous prendre : là où l’océan touche la terre. Là où ton souffle rejoint ma lumière. --- Couplet 3 Au début, elle venait pour quelques minutes seulement. Puis elle resta une heure, puis une matinée dans le vent. Bientôt, du lever du soleil jusqu’aux premières étoiles, la petite baleine bleue nageait près de sa voile. Elle plongeait dans ses profondeurs, il avançait sous le ciel. Deux mondes si différents, mais un même chemin devant eux. Et lorsque la nuit tombait, il entendait près de lui son chant traverser les vagues comme un secret dans la nuit. --- Refrain Je ne peux pas vivre au fond de ton océan. Tu ne peux pas marcher sur ma terre avec le vent. Mais entre le ciel et l’infini de la mer, il existe un endroit que nul ne peut nous prendre : là où l’océan touche la terre. Là où ton silence comprend mes prières. --- Couplet 4 Mais tout voyage un jour voit apparaître un rivage. Le port attendait le marin, immobile au bout du voyage. Il ralentit son bateau, elle nagea tout près de lui. Dans ses yeux, il vit la mer. Dans les siens, elle vit la pluie. Il aurait voulu lui dire : « Reste encore un peu avec moi. » Mais aimer une âme libre, c’est ne jamais fermer ses bras. Alors il posa sa main sur le bois mouillé du bateau, et murmura simplement : « Je reviendrai bientôt. » --- Pont Elle ne devint pas une femme. Il ne devint pas un poisson. Ils restèrent eux-mêmes, chacun dans son horizon. Mais depuis cette rencontre, il n’était plus vraiment seul. Et dans le vaste océan, elle connaissait un cœur qui entendait son appel. Ni promesse impossible, ni chaîne, ni prison. Seulement deux âmes qui avaient trouvé leur maison. --- Dernier refrain Je ne peux pas vivre au fond de ton océan. Tu ne peux pas marcher sur ma terre avec le vent. Mais entre ton monde et le mien, si différent, nous avons inventé un rivage hors du temps. Là où l’océan touche la terre. Là où ton souffle retrouve ma lumière. Même séparés, nous savons désormais qu’il existe quelque part un endroit pour nous aimer. --- Outro Depuis ce jour, régulièrement, le marin revient près de la mer. Il s’assoit sur le sable, sa guitare contre son cœur. Il joue quelques notes lentes pour l’horizon silencieux. Puis, au loin, dans les vagues, apparaît un petit éclat bleu. Une nageoire fend l’écume. Un souffle monte vers le ciel. Et le marin murmure en souriant : « Te voilà, ma petite baleine bleue