
Sept visages posés sur le bois, Sept façons de manquer la vie... L'un promet tout au seul effort Quand on est né du bon côté ; L'autre verrouille le dehors Pour voir l'histoire s'arrêter. Un autre veut couper les freins, Graver la course dans la loi, Ou doubler l'or de nos chemins Sans jamais demander pourquoi... Courir toujours pour rester là, Sentir le souffle qui se perd, Tendre les mains à bout de bras Dans un pays devenu désert ! Il manque un nom sur le papier, La chaise vide du débat, Quelqu'un qui sache corriger, Une voix qui nous répondra ! L'un veut remettre tout à plat Mais laisse les perdants au bord ; L'autre voit le récif en bas Sans le désir d'aucun accord. Le dernier défend nos saisons, Le temps fragile d'exister, Mais croit qu'en frappant les cloisons Le monde entier va s'incliner... Brûler nos jours sans rien choisir, Chercher un cap dans le courant, (À bout de souffle...) Frapper au mur sans rien fléchir, Sans jamais toucher le vivant ! Il manque un nom sur le papier, La chaise vide du débat, Quelqu'un qui sache corriger, Une voix qui nous répondra ! (Qui répondra...) Ils comptent tous « combien », Jamais « pour quelle vie ». Sur aucun bulletin Ce nom-là n'est écrit. (Pour quelle vie...) Je tire la chaise oubliée, Je m'assois face à leur débat ! Je veux des mains pour réparer, Un visage qui répondra ! (Qui répondra !) Plus de grands soirs, Répondez-moi ! Les sept portraits sont sur le bois, Chacun trop étroit pour la vie. Demain j'irai faire mon choix... Ce qui tient debout part d'ici.

