Ma tête bourdonne, je cherche la gare Je sais pas où aller, ni quelle ville ce soir Mais j’ai vu le plan, l’ashram devant moi J’ai dit : “J’vais au musée, j’ai encore un peu d’temps.” Neuf roupies à donner, c’est ce que j’ai promis Un geste discret, comme l’homme m’a dit Moi aussi j’ai donné, neuf pour le cœur Et Baba finissait toujours avec zéro, sans peur. Assis sur le banc, les mantras dans l’air Un gars s’approche, s’assoit sans mystère Il dit : “Quand t’es arrivé ? Où tu vas ?” Je dis : “J’attends le musée.” Il dit : “Je t’aiderai, crois-moi.” Marié enfant, sans amour dans le nid Ils ont compris, les parents ont dit oui Il veut servir, vivre à l’ashram Travailler à l’école, conduire le tracteur calmement. Il est venu à pied, de Delhi jusqu’ici Son guru a dit : “Tu tomberas au jour six.” Et c’est arrivé, il a pris le train le sept Il est arrivé hier, avec foi dans la tête. Je l’écoute, je sens — c’est Dieu qui l’envoie Je dis : “Montre-moi le bus vers Manmad, s’il te plaît.” Il dit : “Je le ferai.” Et on attend tous les deux Le musée va ouvrir, on reste là, c’est mieux. Cinq minutes d’expo, neuf objets sacrés Deux habits, une lampe, une pipe oubliée Un parapluie, une pierre — le reste s’efface Mais l’énergie là-dedans, elle reste en place. Cette sensation revient, comme un vieux refrain Elle me parle du passé, des chemins divins Et je pense à l’homme, au silence profond Aux pouvoirs de l’âme, qu’on comprend sans nom. Cette sensation revient, comme un vieux refrain… Cette sensation revient, comme un vieux refrain…