Les statues pleurent sous la pluie acide, Leurs yeux de pierre mangés par le temps. Les cafés vides chuchotent des légendes, Des mots perdus dans le vent. L'Europe nous vend des rêves en plastique, Et nos enfants les avalent sans faim. Les usines chantent en chœur mécanique, Mais le cœur bat en latin. Ils ont volé nos saints, Et les ont mis en rayon. Marianne, ton visage se craquelle, Tes lèvres rouges sont des blessures. Ils t'ont pendue dans les musées, Et appelé ça culture. Les murs respirent encore nos chansons, Mais l'écho répond en anglais. On danse encore sur des ruines, Mais c'est les technocrates qui l'emporte. Les bistrots ferment un à un, Remplacés par les écrans Le fromage sent le formol, Et le vin a le goût du vide. Ils ont cloné des fantômes, Et les ont mis en streaming. Marianne, ton visage se craquelle, Tes lèvres rouges sont des blessures. Ils t'ont pendue dans les musées, Et appelé ça culture. Je touche la terre et elle saigne, Je touche l'air et il est en sous vide. Je touche ma langue et elle ment, Elle dit "liberté" mais c'est du flan. Les églises sont devenues coquilles vides, Les cloches sonnent en bitcoin. Les enfants jouent à la guerre, Avec des drones commandés par smartphone Nos morts sont dans des clouds, Nos vivants dans des feeds. Le drapeau flotte en pixel, Et le sang coule en NFT. Ils ont greffé des écrans, Dans les cercueils de nos pères. Marianne, ton visage se craquelle, Tes lèvres rouges sont des blessures. Ils t'ont pendue dans les musées, Et appelé ça culture. La Seine charrie des cadavres de clés USB, Les pigeons appuyant sur des pouces bleus. Demain, on nous vendra l'oubli, En abonnement mensuel.