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C'est un métier

V5.5

[Intro] (Une guitare manouche lance une pompe rapide, nerveuse et ironique. La contrebasse s'installe, ronde et complice. Une clarinette vient broder quelques notes goguenardes.) [Verse 1] (Style parlé-chanté très rythmé, sur le temps) C'est un métier, fallait que j't'en parle Car j'l'ai dans le cœur comme tu crois pas. Quand j'le fais pas, c'est pas normal, À croire que le reste n'existe pas. Ce n'est pas fait pour les glandeurs, Ni ceux qui s'prennent pour des rois. Moi j'l'aime parc'qu'il me fait honneur... Et même avec des enfants rois. [Verse 2] Ici c'est l'anim qui s'donne Et l'môme qui prend ce qui lui plaît. Il est couvé par sa daronne, Même si c'est lui qui ouvre les plaies. Ici, fais gaffe, si tu déconnes, T'auras pas de second tessai. Ils en font toujours des tonnes, Surtout s'ils savent que t'as rien fait... [Chorus] (Le swing s'accentue, la voix devient plus chantée et théâtrale, un brin moqueuse) C'est un métier, fallait que j't'en parle ! Car j'l'ai dans le cœur comme tu crois pas ! Quand j'le fais pas, c'est pas normal, À croire que le reste n'existe pas ! Ce n'est pas fait pour les glandeurs, Ni ceux qui s'prennent pour des rois. Moi j'l'aime parc'qu'il me fait honneur... Et même avec des enfants rois ! [Verse 3] (Retour au parlé-chanté fluide) Et puis parfois même sans violence, Que tu lèves le ton dans une classe, Y a les darons qui sont en transe, Qui veulent te mettre ta race... Et n'compte pas trop sur la France Pour les remettre en place, Des fois qu'le vrai ou la décence Leur laisserait quelques traces... [Verse 4] Car on n'aime pas que les parents Risquent parfois d'être énervés, Parc'qu'on a dit à leurs enfants Qu'il fallait être disciplinés, Qu'la liberté c'est pas l'néant, Ni des règles ba-fou-ées... Dans ces cas-là, c'est toi qui prends, Personne n'est là pour t'protéger ! [Bridge] (La pompe de guitare s'arrête net. Seule la contrebasse marque le pas, lourde et théâtrale. La clarinette pleure une note ironique. Voix purement parlée, solennelle avec un sourire amer.) C'est aux cris de toutes ces mères Qui viennent te cracher au visage Que j'ai compris qu'il y a l'enfer... Mais que c'est toujours mieux que d'être en cage. Et quand chaque jour est une galère, Qu'on rêve d'autres rivages... Tant pis on ne parle pas de sa misère, Même s'il faut bien du courage. [Verse 5] (Reprise de la pompe manouche, encore plus vive, jubilatoire et rapide) Si j'en rajoute un peu, tant pis ! Au début j't'ai bien dit que j'l'aime. C'putain d'métier c'est toute ma vie, Et je le crie à perdre haleine. Car dans tout ça y a les petits Qu'ont pas choisi d'être à la traîne... C'sont les adultes qu'ont rien compris, Qui voudraient qu'on les enchaîne... [Chorus] (Entraînant, style grand final de cabaret) C'est un métier, fallait que j't'en parle ! Car j'l'ai dans le cœur comme tu crois pas ! Quand j'le fais pas, c'est pas normal, À croire que le reste n'existe pas ! Ce n'est pas fait pour les glandeurs, Ni ceux qui s'prennent pour des rois. Moi j'l'aime parc'qu'il me fait honneur... Et même avec des enfants rois ! [Outro] (Ralentissement du tempo, ritardando affectueux. Le violon ou la clarinette se fait douce) Moi j'l'aime parc'qu'il me fait honneur... Ouais... Même avec leurs enfants rois... [Spoken] (Détaché, fatigué mais souriant) Allez, rangez les crayons les mômes. C'est l'heure. [End] (Un accord de guitare gratté sec, secoué d'un ultime pizzicato de contrebasse.)