
[Intro - parlé, calme] J’ai lu des vies dans des miroirs, et j’ai cru qu’on pouvait s’y voir. Mais l’âme, quand elle veut grandir, se brûle avant de s’éclaircir. [Couplet 1] J’ai voulu plaire au monde entier, porter la foi, cacher l’orgueil. Sous chaque mot, un coup d’épée, sous chaque croix, un deuil. J’ai cru qu’aimer, c’était monter, qu’on pouvait fuir ce qu’on est né. Mais dans le verre de ma fierté, je n’ai vu que ma vérité. [Refrain - chanté, fiévreux] Rouge, c’est l’orgueil, noir, c’est la peur, je porte les deux comme des fleurs. Entre la chair et le savoir, je tombe encore - sans vouloir. [Couplet 2] J’ai mis mon âme dans un livre, pensant qu’écrire, c’était vivre. Mais la beauté ne sauve pas, elle juge, elle brûle, elle ment parfois. Les cœurs des saints sont des prisons, les corps des femmes, des horizons. Et moi, perdu entre les deux, je joue à Dieu - et je me tue. [Pont - parlé, lentement, presque un murmure] Le monde m’a vu, mais ne m’a pas cru. Alors j’ai voulu qu’il se souvienne. [Refrain final - chanté avec intensité] Rouge, c’est le feu, noir, c’est le cœur, je porte les deux, je porte l’erreur. Sous la robe et sous la croix, j’ai trouvé - mais trop tard - la foi. [Outro - un souffle, rauque] Je n’ai pas peur. J’ai seulement compris trop tôt.

