[Intro] [Wind through tall grass] [Distant birds] [Low drone] Quand l’aube versait son cuivre aux lisières, Les prés portaient des couronnes de lumière, Chaque ronce cachait un royaume fragile, Chaque branche une cathédrale d'argile. Sous les ajoncs, sous les fougères, Vivait un peuple sans bannière, Un murmure d'ailes, un frisson d'écorce, Le cœur ancien des choses sans force. [Build-Up] [Low strings] [Rising tension] Les alouettes cousaient le ciel, De fil en fil, d'appel en appel, Les rivières polissaient les pierres, Comme des prières dans la poussière. Le vent passait sur les moissons, Avec la lenteur des saisons, Et la terre ouvrait ses paumes brunes À la rosée tombée de la lune. [Drop 1] [Massive phonk beat] [Deep 808s] Puis vinrent les lignes et les mesures, Les angles droits, les déchirures, Les champs sans ombre, les horizons nus, Les vieux sentiers qu'on ne retrouve plus. Les haies tombèrent dans un bruit sourd, Comme tombent les empires un jour, Et les mares où buvaient les étés Furent remplies d'oubli compacté. [Breakdown] [Beat cutout] [Low ambience] Alors le silence prit racine. D'abord discret. Presque bénin. Une aile absente. Un nid désert. Une fleur sans visite dans la lumière. [Build-Up] [Rising cowbells] [Dark orchestral tension] Le printemps perdit quelques syllabes. L'été gagna quelques degrés. Les ruisseaux devinrent vulnérables. Les forêts apprirent à brûler. Le ciel gardait la même couleur, Mais quelque chose manquait au monde. Comme une note retirée d'un chœur. Comme une étoile quittant la ronde. [Drop 2] [Heavy phonk groove] [Crushing bass] Où sont les nuages d'hirondelles ? Les essaims ivres de soleil ? Les crépitements des sauterelles Dans les herbes hautes de juillet ? Le soir descend sur les campagnes, Plus vaste, Plus vide qu'autrefois. Et même la lune semble étrange Quand plus rien ne chante sous son toit. [Bridge] [Minimal percussion] Les anciens parlent d'un âge tendre, D'un temps couvert de bourdonnements. Les enfants apprennent à comprendre Le manque avant le souvenir même. Ils héritent d'un jardin plus pauvre, D'une rivière plus courte aussi, Comme on reçoit d'un parent qui s'effondre Une photographie ternie. [Final Drop] [Colossal phonk groove] [Earth-shaking sub bass] Le vivant ne tombe pas en bataille. Il s'efface. Pétale après pétale. Il quitte le monde sans scandale, Comme la marée quitte la cale. Et nous regardons ses funérailles À travers le verre et les écrans, Pendant que s'éloigne dans le vent Le grand cortège des choses sauvages. [Outro] [Wind] [Distant bird call] [Long reverb] Un jour peut-être, Quelqu'un trouvera dans le silence La forme exacte d'une absence. Et donnera pour tout héritage Le nom perdu d'un oiseau de passage.