[Verse1] Les vieux de chez moi ont des îles dans les yeux. Leurs mains crevassées par les chasses marines, Et les veines éclatées de leurs pupilles bleues, Portent les songes des frêles brigantines. [Verse2] Les vieux de chez moi ont vaincu les récifs d'Irlande. Retraités, usant les bancs au levant des chaumières, Leurs dents mâchonnant des refrains de Marie-Galante, Ils lorgnent l'horizon blanc des provendes hauturières. [Interlude-instrumental] [Bridge] Les vieux de chez moi sont fils de naufrageurs. Leurs crânes pensifs roulent les trésors inouïs, Des voiliers brisés dans les goémons rageurs, Et luisent leurs regards comme des louis. [Verse4] Les vieux de chez moi n'attendent rien de la vie. Ils ont jeté les ans, le harpon et la nasse, Mangé la cotriade et siroté l'eau-de-vie, La mort peut les prendre, noire comme la pinasse. [Interlude-instrumental] [Verse5] Les vieux ne bougeront pas sur le banc fatigué. Observant le port, le jardin, l'hortensia, Ils diront simplement aux Jeannie, aux Maria, «Adieu les belles, c'est le branle-bas ». [Outro] Et les femmes des marins fermeront leurs volets. Et les femmes des marins fermeront leurs volets.