
La neige a recouvert les allées de l’absence, Et sous son blanc silence ton pas demeure encore ; Ton nom traverse les jours, plus vivant qu’une aurore, Et l’amour sous la cendre a gardé sa présence. Mes nuits ont retrouvé des sentiers de musique ; S’est changé en langage ce qui semblait brisé, À rimer que la neige n’avait pas tout rasé, Et le silence enfin est devenu pudique. J’ai douté ; mes faiblesses ont fait tomber l’armure, J’ai appris à survivre, j’ai appris à pleurer, J’ai appris à être plus humain qu’un humain. Et Robin, tel un geai, s’est posé sur la marge. Tous les maux en moi se sont mis à chanter ; La solitude continuant à tracer son chemin. « La certitude d'avoir été, un jour, une fois, aimé – c'est l'envol définitif du cœur dans la lumière.» Christian Bobin

