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[video]Trois secondes de retard !

V5.5

HOOKS https://suno.com/@azmognie/hook/6af94662-1079-44e0-8f6a-af21310ac670 ▶️▶️▶️▶️▶️▶️▶️ Video : [ Y O U T U B E ] https://youtu.be/xmlBFVsSrco?si=puhppuDXrx3k_iTx ▶️▶️▶️▶️▶️▶️▶️ ⏳ Cette chanson poétique et mélancolique explore avec beaucoup de tendresse la perte de repères identitaires intimes, où l'on oublie son propre nom mais où l'on continue de vivre, porté par la routine rassurante des objets et du temps qui passe. J'ai remonté la petite pendule de l'étagère, Celle qui retarde de trois secondes par an. Le rouage en cuivre a fait clic. Les dents ont mordu l'acier. Tout était à sa place. J'ai pris la boîte d'allumettes, J'en ai tiré une, Le soufre a griffé le carton brut, La flamme est montée toute droite. J'ai posé la bougie sur la table. Puis j'ai voulu dire mon prénom, Juste pour voir si la voix marchait ce matin. Et il n'y avait plus rien. Juste un grand espace vide, Propre et net, Là où le mot aurait dû tenir. J'ai vérifié le loquet de la fenêtre. Le bois gonfle un peu quand il pleut. J'ai remis mes lunettes sur le nez. Elles tenaient bien, bien en place derrière les oreilles. Et puis dehors, quelqu'un a crié un nom. Je ne connais plus mon prénom, Mais je sais quand on m'appelle. Je ne connais plus mon prénom, Mais je tourne la tête quand même. Il est quelque part dans la pièce, Ou sur une vieille étiquette. Je ne connais plus mon prénom, Mais apparemment, Ça n'empêche pas le vent de souffler. Je suis descendu sur le perron. Le loquet de la boîte a fait un claquement sec. Dedans, il y avait juste une enveloppe grise Et un papier plié en quatre. Mon nom était là, tout en haut. Tracé net, sans la moindre bavure. J'ai regardé les lettres alignées. Je savais lire chaque caractère. Je savais ce que ça valait pour les autres. Mais pour moi, c'était juste un motif Qu'on avait épinglé là par erreur. J'ai calé l'enveloppe sous le bras. J'ai ramené le loquet de la porte. Le métal a mordu dans son logement sans forcer. Il y a des objets qui savent très bien ce qu'ils font. Je ne connais plus mon prénom, Mais je connais mon adresse. J'ai laissé mon double Pendu au cintre des souvenirs. Je ne connais plus mon prénom, Mais il semble bien savoir où il est. J'ai ouvert le vieux carnet cartonné, Celui qu'on feuillette en silence. J'ai voulu réécrire mon nom Sans demander l'avis de personne, Juste pour voir s'il revenait, Mais la main a tracé ses boucles Et le papier est resté vide. La journée a continué son tour. J'ai balayé d'un revers de manche La poussière au milieu de la pièce. Je n'ai pas cherché plus loin. Il y a des vies qui s'arrangent très bien Sans qu'on sache comment les dire. Je ne connais plus mon prénom, Mais je connais mon adresse. J'ai laissé mon double Pendu au cintre des souvenirs. Je ne connais plus mon prénom, Mais il semble bien savoir où il est. Enfin... Je crois que je le connais. C'est juste que, Quand il passe dans l'air, Je ne sais plus À quoi l'accrocher. Il est vingt et une heures. La pendule bat son rythme. Trois secondes de retard par an. C'est tout à fait raisonnable. Je vais éteindre la bougie. Je n'ai pas retrouvé mon prénom... Mais il doit bien être quelque part. Bonne nuit à l'atelier. --- 🕯️ This gentle, quirky song deals with identity slip and mild existential amnesia, finding profound comfort in the ticking of clocks, well-fitting glasses, and the simple rhythm of everyday objects when names slip away. I wound the little clock on the shelf, The one that loses three seconds a year. The copper gear clicked. The teeth bit into the steel. Everything was in its place. I took the matchbox, I pulled one out, The sulfur scratched the bare cardboard, The flame rose straight up. I set the candle on the table. Then I tried to say my first name, Just to see if my voice was working this morning. And there was nothing left. Just a wide empty space, Clean and clear, Where the word should have been. I checked the window latch. The wood swells a little when it rains. I put my glasses back on my nose. They sat firmly, right in place behind my ears. And then outside, someone called out a name. I don't know my first name anymore, But I know when someone calls me. I don't know my first name anymore, But I still turn my head. It's somewhere in the room, Or on an old label. I don't know my first name anymore, But apparently, That doesn't stop the wind from blowing. I went down onto the front step. The box latch made a sharp click. Inside, there was only a gray envelope And a piece of paper folded in four. My name was there, right at the top. Written clearly, without the slightest smudge. I looked at the letters lined up. I knew how to read every character. I knew what it meant to everyone else. But to me, it was just a pattern Someone had pinned there by mistake. I tucked the envelope under my arm. I pulled the door latch back into place. The metal caught in its housing without a struggle. Some objects know exactly what they're doing. I don't know my first name anymore, But I know my address. I left my double Hanging on the coat hook of memories. I don't know my first name anymore, But it seems to know exactly where it is. I opened the old cardboard-bound notebook, The one we leaf through in silence. I tried to write my name again Without asking anyone's permission, Just to see if it would come back, But my hand traced its loops And the paper stayed blank. The day carried on as usual. I brushed the dust away with my sleeve from the middle of the room. I didn't look any further. There are lives that settle quite well Without us knowing how to put them into words. I don't know my first name anymore, But I know my address. I left my double Hanging on the coat hook of memories. I don't know my first name anymore, But it seems to know exactly where it is. At last... I think I do know it. It's just that, When it passes through the air, I no longer know What to attach it to. It's nine o'clock at night. The clock keeps its rhythm. Three seconds slow each year. That's perfectly reasonable. I'm going to blow out the candle. I haven't found my first name... But it must be somewhere. Good night to the workshop.