
Examen de conscience au confessionnal de la Sainte Flanelle
Exégèse spirituelle d’un double effondrement Dans l’Église de la Sainte Flanelle, chaque match est une liturgie, chaque série de victoires un temps de grâce, et chaque défaite une épreuve qui invite à la pénitence. Portons notre examen de conscience sur la chute contre Boston précédée du naufrage contre les Stars. Analysons ces événements sous l’angle théologique, afin de comprendre ce que le Canadien a commis comme péchés, et quelles sont les raisons profondes de ces fautes. Les 7 Péchés Commises contre Boston Énumérés selon la doctrine de l’Église de la Sainte Flanelle Le péché d’Acédie (Paresse spirituelle en avantage numérique) Sept supériorités numériques. Zéro but. Deux 5-contre-3. Deux maigres tirs, tous du même stick. L’acédie est ce péché du relâchement, du laisser-aller, du découragement. L’attaque massive a traversé ce désert, ce mardi-gras de l’inefficacité, en laissant se dissoudre sa mission sacrée : convertir les avantages en miracles. Comme les moines distraits dans le scriptorium, le CH tournait en rond, murmurait, hésitait. Le temps s’écoulait, les Bostonnais priaient leur dieu petit ours, et rien ne se produisait. Le péché d’Orgueil (La quête du jeu parfait) Le CH avait fait reculer Boston jusqu’à la porte du sanctuaire — le demi-cercle de Swayman. Mais au lieu de tirer, ils cherchaient le petit jeu céleste, la passe illuminée, le chef-d’œuvre baroque. Le péché d’orgueil, dans la Sainte Flanelle, c’est croire que l’esthétique vaut plus que l’efficacité. Que le but parfait est plus saint que le but ordinaire. Non. Un but laid est aussi sacré qu’un but sublime. Le péché de Peur (Bâtons trop serrés) Martin St-Louis parle d’un manque de calme, d’un bâton trop crispé. La peur, dans la théologie sportive, est une idolâtrie : elle place le risque au-dessus de la foi. Quand on serre trop le bâton, on serre trop son âme. Et on rate la lucarne. Le péché de Contrition excessive (Hutson s’accable) Lane Hutson, jeune novice de la défense, s’est publiquement accusé : « Je dois faire un meilleur travail pour les gars. » La contrition est un sacrement. La sur-contrition est un piège. Le péché, ici, est de croire qu’un seul apôtre porte tous les fardeaux. Or, l’attaque massive n’est pas un moine solitaire : c’est un chœur. Le péché de Désertion des tirs (Le refus de tirer) Avec deux hommes en plus : Deux tirs seulement. La Sainte Flanelle enseigne que tirer, c’est prier. Prier souvent, c’est tirer beaucoup. Le CH a commis le péché de silence. Le péché d’Indiscipline symbolique (La punition de Slafkovsky) Que le but gagnant survienne pendant que Slafkovsky est au cachot… Voilà un signe. Dans la doctrine de la Sainte Flanelle, la punition inutile est un péché dont les conséquences s’étendent sur toute la paroisse. Les pénalités injustifiées ouvrent la porte au Malin — en l’occurrence, Viktor Arvidsson. Le péché d’Incapacité à punir l’Indiscipline adverse Boston a offert des offrandes : Sept supériorités. Deux 5-contre-3. Le CH n’a rien converti. Dans les écritures de Sainte Flanelle, il est écrit : Quand l’ennemi t’offre un avantage, transforme-le en but, sinon cet avantage deviendra son arme. Et ce fut le cas. Les raisons profondes du déclin flanellique — la genèse du péché Ce sont des causes structurelles, presque doctrinales. Les voici, interprétées sous l’autorité de l’Église de la Sainte Flanelle. Les gardiens en enfer (Le péché originel du but accordé) Montembeault et Dobes sont en purgatoire. Tout rentre. L’Église de la Sainte Flanelle connaît ce cycle : le Filet Tremblant précède souvent la Catastrophe Collective. Le premier trio : l’Apocalypse selon Suzuki Suzuki blessé mais jouant quand même — martyr héroïque, certes — entraîne une baisse de production. Or, dans la théologie flanellique, quand le prophète-capitaine s’affaiblit, la congrégation chancelle. Le péché des Fleurs (Fioritures inutiles) Lorsque les joueurs décorent au lieu d’attaquer, ils tombent dans le péché de l’esthétisme. Les champions de la Flanelle — Béliveau, Lafleur, Gainey — jouaient simple. La simplicité est un acte de foi.

