
[Couplet 1] Dans la maison aux murs épais, On parlait bas, on vivait droit. Les silences faisaient la loi, L'amour se méritait, je le vois. Les pères donnaient sans expliquer, Les sœurs comptaient sans pardonner. On appelait ça "tenir bon", Moi, j'y ai vu chaînes et prison. [Pré-refrain] Ma mère a plié sous le poids, Elle a confondu force et foi. Elle a perdu ses gestes doux À force d'attendre leur coup. [Refrain] Je ne porterai pas vos chaînes, Ni vos guerres sans lendemain. Je prends le sang, pas la haine, Je coupe le fil, je tends la main. Ce n'est pas fuir, ce n'est pas trahir, C'est choisir de rester vivante. Je vous laisse l'ordre et les rangs, Moi, je garde le souffle qui chante. [Couplet 2] Les louanges servaient de monnaie, La vérité, on l'étouffait. J'ai vu l'amour devenir dette, La famille, une arène muette. Quand j'ai dit "non", la guerre est née, Elle est venue, froide, acharnée. Mais j'avais déjà fait le choix De ne plus mourir sous leur toit. [Pont] On hérite parfois des visages, De gestes anciens, d'héritages. Mais on n'est pas lié au naufrage Quand on choisit un autre passage. Je marche sans faire la guerre, Sans demander pardon sur terre. Il fallait bien qu'une femme entière Sorte enfin de cette frontière. [Refrain final - plus calme] Je ne porterai pas vos chaînes, Ni vos silences qui m'enchaînent. J'honore ce qui m'a fait humaine, Je refuse ce qui reste en vain. Ce n'est pas l'oubli, c'est un choix précis, C'est un refus net, pas un mépris. Je vous rends ce qui n'est pas moi, Et j'avance - libre, pour la première fois.

