Song Cover Image

Elle dort (et moi toujours pas)

[Couplet 1] Il est tard, dans le noir, je fixe le plafond, Le silence pèse et c’est presque un bruit d’fond. À côté de moi, c’est la belle au bois dormant, C’est presque un récital, elle ronfle doucement. Elle s’étale, en étoile, moi j’tiens juste dans un coin. J’ai beau m’faire tout ptit, j’crois bien qu’ça change rien. Son souffle régulier devient ma mélodie, Mais moi, j’suis coincé, perdu dans mes insomnies. [Refrain] Elle dort, elle dort, Comme un bébé dans un cocon, Et moi, j’ai beau faire des efforts, Je me tourne et m’retourne encore. Elle dort, elle dort, Moi j’compte et recompte les moutons. Elle rêve de plages, de soleil doré, Moi, j’rêve de dormir, sans y arriver. [Couplet 2] Je tente plein d’trucs : le silence, la respiration, Un podcast sur les plantes, une ou deux méditations. Mais rien n’y fait, mon cerveau toujours s’emballe, Je refais le film d’tout un tas d’trucs banals. J’pense à cette idée que j’ai oubliée d’noter, Aux chaussettes perdues que j’retrouverai jamais. Toi tu dors, moi j’cherche des réponses à tout, Et la seule qui m’vienne, c’est que je suis un peu jaloux. [Refrain] Elle dort, elle dort, Comme dans un océan de coton. Et moi je suis là à souffrir, Les yeux grands ouverts, j’crois bien que c’est le pire. Elle dort, elle dort, Comme un ange qu’aurait rien à dire, Moi j’pense à des trucs à la con, J’me noie dans un torrent de questions. [Pont] Est-ce que ça vient de l’oreiller ? Ou bien est-ce que c’est le matelas ? Serait-ce la couette qui est trouée ? Ou bien alors c’est juste moi ? Elle, elle a l’air si paisible, c’est presque comme une injustice. Et moi j’suis là, perdu dans mon supplice. [Refrain final] Elle dort, elle dort, Comme une pro, championne de repos. Moi j’écris des poèmes idiots, Cette chanson, ces quelques mots. Elle dort, elle dort Comme si le monde ne tournait que pour elle, Elle rêve de licornes, d’voir l’Italie, Moi, je rêve qu’un jour j’dormirai aussi. [interlude musical] [Outro] Le soleil se lève, c’est la fin de la nuit, Et elle ouvre les yeux, fraîche comme un pissenlit. Alors qu’Moi j’ai des cernes qui touchent presque mes genoux, Elle, elle me regarde et me sort : « T’as bien dormi chouchou ? »