
Et l'on soutient... Ce ciel trop bas. L'on tient la course, Doucement, Sur ce fil qui ne rompt pas. Cette urgence, Sourde et impérieuse. Cette faïence Qui forge l'instant. Ni tout à fait là, ni tout à fait loin. Juste au bord. D'un cœur qui se divise, D'une tête en déroute. Le temps qui creuse, Sur des visages aimés, Où chaque pensée N'est qu'une fuite... qui passe. Celui qui calcule... Celui qui espère... Celui qui tait ce qu'il ne dit pas. Faisant la somme De ces vents contraires, De cette navigation Sans carte ni lumière. Et dans ce vertige ! Toute certitude est inondée ! De résistance, D'ardeur, Et de force infinie ! Elle est éprouvée ! Elle est traversée ! Rappelée à sa course ! À l'équilibre plein et entier, À la vie pure et simple... D'être. Et l'on doute... Simplement... De ce qui est promis. De ce qui traverse. De ce qui s'effraie. Et disparaît. L'émotion Qui se présente là, Maintenant, Sans rien demander. Sans rien résoudre. Juste... tenue. Prenons courage... Que nous sommes Ceux qui portent l'orage. Non pas la chute, Non pas la fuite, Mais le roc qui les contient. Cette montagne sans limite. Cette patience sans fin. Ce pilier... éternel. Cette clameur ! Qui ne connaît pas de frontière ! Cette chaleur ! Qui brûle tout ce qui est ! Cet amour... invincible ! La force pure ! Qui n'a besoin de rien ! L'harmonie pleine ! Qui embrasse tout ! Nous sommes la falaise ! Nous sommes l'effort ! Nous sommes l'éternité ! Nous sommes cela. Dans le bruit... la clarté. Dans la charge... la liberté. Dans le lien... l'unité.

