
- Une œuvre originale de Uther el Conti, réalisée avec assistance créative - © Copyright 2026 - Correspondance avec Veil Ripper Records @veilripperrecords This song is part of the playlist "CORRESPONDANCE(S) DU VIDE" https://suno.com/playlist/7885597e-be43-4675-bb66-26384309050d ____________________ [INTRO] Mon frère, j’ai lu ton Livre. J’ai regardé ton faux soleil se lever. J’ai vu l’argile se couronner avant l’œuvre, le reflet oublier la lumière, la créature prendre pour origine ce qu’elle avait reçu. Et sur un point, je ne lutte plus contre toi : le trône n’était pas à moi. Mais il reste quelque chose dans la salle. Quelque chose qui pourrit. [COUPLET 1] Tu dis : le Livre était écrit avant les étoiles. Que la volonté arrive après. Que rien ne plie le décret. Que l’Accusateur lui-même n’a pas de royaume, seulement une permission. Alors je regarde ce qui pousse. Et je regarde ce qui pourrit. Si les deux apparaissent dans le même jardin, jusqu’où remonte la racine ? [REFRAIN] QUI ÉCRIT CE QUI POURRIT ? Je ne demande pas qui tient le couteau. Je vois la main. Je vois l’homme. Je vois le sang. Je demande seulement : si rien n’est hors du Livre, où commence ce qui n’est pas Dieu ? [COUPLET 2] Je pourrais répondre facilement : « L’homme est libre. » Mais tu m’as retiré cette sortie. Et je comprends pourquoi. Une volonté qui serait sa propre origine serait encore un petit dieu caché dans la chair. Alors soit. Je ne suis pas la source de ma volonté. Mais si ma volonté arrive après, si mon nom arrive après, si mon histoire arrive après, comment ma faute pourrait-elle arriver avant ce qui me précède ? [BREAK] Ne m’entends pas dire : « Ton Dieu est coupable. » Ce serait trop simple. Et surtout, ce serait encore moi dans le fauteuil du juge. Je te demande autre chose. Tu m’as parlé de décret. Puis de permission. Je veux comprendre la distance entre les deux. Dieu permet-il ce qu’Il n’a pas voulu ? Veut-Il ce qu’Il n’approuve pas ? Écrit-Il ce qu’Il condamne ? Ou ces mots sont-ils trop petits pour ce que tu essaies de me montrer ? [REFRAIN] QUI ÉCRIT CE QUI POURRIT ? Si tout revient au Centre, le mal aussi traverse Son monde. S’il ne vient pas de Lui, d’où reçoit-il la possibilité d’être ? Et s’il n’existe que par permission, la permission elle-même était-elle dans le Livre ? [PONT] Ton faux soleil m’a laissé une autre question. Tu dis que l’argile s’est couronnée trop tôt. Que l’imparfait s’est déclaré accompli. Je peux te suivre jusque-là. Nous faisons cela sans cesse. Nous appelons « nature » ce qui n’est peut-être qu’habitude. Nous appelons « moi » ce qui fut assemblé avant même que nous sachions parler. Nous appelons « liberté » les causes dont nous ignorons le nom. Mais pour appeler l’argile imparfaite, il faut déjà connaître quelque chose de sa forme. Et moi, je vois bien que je suis inachevé. Je ne sais simplement pas à quoi j’étais destiné. [BREAKDOWN] Peut-être est-ce là que ton Christ entre. Pas comme réponse ajoutée au vide. Mais comme forme. Comme mesure de ce que l’homme aurait dû devenir. Alors je comprends mieux pourquoi ta Croix n’est pas seulement un supplice. Elle inverse le mouvement. L’ego dit : « Je monterai. » Ton Christ répond : « Je descends. » L’ego saisit. Il se dépouille. L’ego se couronne. Il abandonne la couronne. Je vois la beauté de cette géométrie. Je ne sais toujours pas si sa beauté la rend vraie. [FINAL REFRAIN] QUI ÉCRIT CE QUI POURRIT ? Peut-être que personne ne l’écrit comme on écrit une phrase. Peut-être que je pose encore la mauvaise question. Mais je ne peux plus dire : « L’homme est seul responsable parce qu’il est absolument libre. » Tu as rendu cette réponse trop facile. Et je ne peux pas davantage dire : « Dieu l’a voulu, donc Dieu est coupable. » Ce serait transformer le mystère en caricature. Alors je reste ici. Entre le décret et la plaie. Entre la permission et le sang. Entre Celui qui fait croître et ce qui, malgré tout, pourrit. [OUTRO] Tu m’as appris à ne plus confondre ma lumière avec le soleil. Je te demande maintenant : dans ta lumière, que devient l’ombre ? Pas pour te reprendre le dernier mot. Pas pour remettre mon fauteuil devant ton trône. Mais parce que cette fois, mon frère, je ne cherche plus la faille qui ferait tomber ta maison. Je cherche la pièce où tu ranges ce qui souffre. Et si rien n’est hors de Lui, je veux comprendre comment le mal peut être dans Son monde sans être Son visage. [Silence] Je ne suis pas la Source. Je te l’accorde. Mais maintenant, dis-moi ce qui pourrit.

