
Elle n'avait que seize ans, Des manières si charmantes Qu'on n'en trouvait nulle part en Provence. Un regard admirable, un caractère doux, Et le comte de la Fère, ivre d'amour, était fou. Il y a dans le parc du comte un étang noir, Où fleurissent les lys. Où fleurissent les lys, les lys. Avec la fiancée entra son frère, un jeune prêtre, Car, disait-on, de l'eau bénite on ne pouvait les séparer. Le chardonneret chantait. Le cerf bramait. Pour les noces, un beau jour fut choisi. Il y a dans le parc du comte un étang noir, Où fleurissent les lys. Où fleurissent les lys, les lys. La fiancée du comte de la Fère Devint son épouse, la comtesse. Et en l'honneur de la comtesse, on lança les chiens sur une bête. La chasse partit vers la forêt. Les cors sonnèrent. Galopant côte à côte, main dans la main, ils volaient. Il y a dans le parc du comte un étang noir, Où fleurissent les lys. Où fleurissent les lys, les lys. Mais que fit l'épouse ? Au nom de Dieu, Le cheval s'écroula ! Et le comte, pour un souffle, Déchira son épaule. La robe glissa, livrant sa peau, Et la marque brûlait. Le bourreau avait été un maître, et voilà — Là, un lys était en fleur ! L'épouse du comte était une criminelle. Et son frère n'était pas son frère. C'est Satan, dit-on, qui les avait unis. Que fit le comte ? Ni mari ni veuf, Il les précipita tous deux dans les profondeurs. Et ce fut la fin. Il y a dans le parc du comte un étang noir, Où fleurissent les lys. Où fleurissent les lys, les lys. ... Les lys...

