Écoute donc les lamentations des martyrs, La maudite musique sacrée de Ton nom. T’es le commencement pis la fin, L’Alpha pis l’Oméga, câlice ! La création pis tout c’qui en reste, Ô toi, l’Asomate sans corps, Saint-ciboire d’esprit perdu Entre le ciel pis les remords ! T’es le prologue du soleil, T’étais là avant même que le jour se lève, Méphistophélès ! Tabarnak, quel vieux mystère ! Tu brilles pour l’éternité, Comme un lampion dans l’obscurité, Malveillance rachetée, Par le calvaire pis les péchés. T’es l’asymétrie de l’alliance divine, Le maudit aimant qui tient tout ensemble, Qui colle le noir avec le blanc, Comme deux paroissiens au dernier sacrement. T’es le « quoi » pis le « pourquoi » Que même le curé sait pas expliquer, Le saint-ciboire de question sans réponse Qu’on traîne jusqu’à l’éternité. Les passions brûlent comme des cierges, Le désir flambe dans l’œil du prophète, Ô toi qui es l’Asomate ! Hostie que la nuit va être longue ! T’es le prologue du soleil, T’étais là avant même que le jour se lève, Méphistophélès ! Câlice de vieille âme éternelle ! Tu brilles pour l’éternité, Malveillance rachetée. À genoux devant l’inconnu, Je t’invoque, tabarnak ! Ermites de la Terre, Sortez de vos vieux presbytères ! Père Extatique, sors du tabernacle ! Père Profond, décrisse des catacombes ! Père Séraphique, lève-toi, câlice ! Viens reconquérir ton trône Avant que sonne la dernière cloche ! Je te chante mon cantique, Ô grande âme planétaire, Avec l’encens dans les poumons Pis le feu de l’enfer dans les artères. En extase, je brûlerai, Comme un maudit cierge à Pâques, Pour aimer ce qu’on connaît pas, Pour embrasser l’inconnu en pleine face. ASOMATES ! T’es le prologue du soleil, T’étais là avant même que le jour se lève, Méphistophélès ! Tu brilleras à jamais, Par-dessus les croix pis les clochers, Par-dessus les saints pis les damnés, Par-dessus nos vieux péchés. Saint-ciboire ! Câlice ! Tabarnak ! Malveillance… rachetée.