đŸŽ” GĂ©nĂ©ration Mode Avion – MC OTOMO © 2025 MC OTOMO. Tous droits rĂ©servĂ©s. ▶ Disponible sur YouTube lien dans ma bio Regarde bien autour. Le monde a pas juste tournĂ©. Il a changĂ© d’axe. Y a une fracture dans l’air. Une coupure entre deux gĂ©nĂ©rations
 Entre ce qu’on Ă©tait
 et c’qu’on nous vend. Mc Otomo on the beat J’venais avec trois fois rien dans les poches, Mais le cƓur gros comme une maison sans serrure. Pas d’Insta, pas d’snap, juste un regard qui rassure, Une chaise en plastique, un banc, et des ratures. On kiffait la pluie, les baskets trempĂ©es sur le terrain, Les Ă©clats d’rire sur fond de radio FM du matin. On visait pas DubaĂŻ, juste un job, une cave, un appart, Mais chaque galĂšre, c’tait de l’or en barre. Aujourd’hui, l’amour c’est des vues, Des relations flash comme les stories qu’on use. Tu veux plaire ? Faut vendre. Faut matcher, briller, encaisser, dĂ©pendre. On est passĂ©s d’la galĂšre Ă  l’esbroufe, D’la dĂ©brouille Ă  la vitrine. Maintenant faut ĂȘtre tendance pour exister, T’as pas d’show ? T’es off. Un resto pour plaire, un filtre pour convaincre, Une paire Ă  600 balles pour masquer le vide dans l’ventre. Tu crois qu’les p’tits veulent rĂȘver ? Non, ils veulent percer. Le monde leur dit : “si tu brilles pas, t’as ratĂ©.” On a vendu l’enfance Ă  des Ă©crans brillants, Des mĂšres Ă©puisĂ©es, des darons absents, Mais les gosses doivent sourire sur fond de TikTok dansant. C’est pas un drame. C’est un effacement. Une lente disparition de l’instant. Tu peux plus juste ĂȘtre lĂ , faut capturer, publier, liker. On vit plus l’moment, on l’archive. On aime plus, on affiche. Tu veux quoi ? Une vraie prĂ©sence ou un bon profil ? Moi j’ai connu les mots Ă©crits sur des feuilles froissĂ©es, Pas les emojis envoyĂ©s comme des rĂ©ponses prĂ©fabriquĂ©es. T’avais des doutes ? Tu parlais. Aujourd’hui, tu bloques, tu ghostes, tu t’éclipses. On est devenus des profils plus que des Ăąmes. On dit qu’c’est l’évolution, Mais j’vois plus de mal que de solution. Plus de likes, mais moins de liens. Plus de moyens, mais plus d’faim. J’viens pas pleurer le passĂ©, J’viens juste dire qu’y avait une autre maniĂšre d’exister. Quand un regard suffisait Ă  poser les bases, Quand un silence valait une promesse sans phrases. Aujourd’hui c’est punchline et apparence, Mais dĂšs qu’ça bug
 y a plus personne dans la danse. La rue, elle a changĂ©, frĂšre. C’est plus la jungle, c’est un zoo numĂ©rique. Les lions sont muets, les clowns dominent, Tout est spectacle, mĂȘme la misĂšre est esthĂ©tique. Tu saignes ? Mets un filtre. Tu tombes ? Fais un vlog. Ta peine doit ĂȘtre likĂ©e sinon elle vaut rien. Tu crois que j’dĂ©lire ? Va dehors. Pose-toi cinq minutes sans ton tel, Et regarde combien d’yeux regardent vraiment encore. Mais j’crois qu’y a encore une chance. Une faille, un cri, une enfance. Une poignĂ©e de gens qu’ont pas oubliĂ©, Que vivre, c’est pas briller, mais partager. Alors j’lĂąche ces mots dans un beat Comme une bouteille lancĂ©e depuis l’bitume, Peut-ĂȘtre qu’un gosse l’entendra, Et qu’il osera dire : “J’veux pas percer. J’veux juste exister.”