
La p’tite toune pour toué
La p’tite toune, toute ben cheap, ben drette, pour parler de toué, Seigneur, née d’un flash dans ma cervelle de petit rebelle, écrite, chantée, avant même d’être comprise. Qu’elle soit douce, qu’elle soit belle dans sa maladresse, dans sa détresse. J’suis déjà passé, dépassé, évaporé, presque oublié, comme si toute trace de ma vie avait déjà quitté la Terre. Ça m’a pris du temps, fallu que je vieillisse, que je rapetisse à petit feu, pour comprendre que tu rentres pas dans les religions qui parlent de guerres saintes, de conflits armés pour redresser le monde à coups de peur. Ça m’a pris du temps pour voir clair, pour comprendre que la peine de mort, la haine, l’exclusion, le rejet, ça vient pas de toué. C’est une p’tite toune qui boite, comme moi j’ai boité toute ma vie, traînant la patte, mais avançant quand même, pour pas s’y tromper. T’es là dans la création, dans l’émancipation des êtres, pis tu veux pas qu’on souffre icitte pour mériter un ciel plus tard. Tu veux juste qu’on soit heureux, le plus en santé possible, parce que t’existes dans tous les sourires du monde pis que tu nous demandes d’en donner aux autres le plus souvent possible.

