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Chronique

J'ouvre les yeux, je fais l'inventaire, Le feu dans le ventre, le plomb dans les nerfs. La même nausée que mardi dernier, Le même plafond, la même tranchée. C'est dans la tête, c'est ce qu'ils m'ont dit, C'est juste le stress, c'est juste la vie. Je cherche la cause, je compte les mois, Mon propre système se retourne contre moi. (Contre moi...) Chronique, le mot qui m'enferme au lit ! Je traîne ma chair et la fièvre me plie ! Il n'y a pas de pause, pas de ligne d'arrivée, Juste mon propre poids qu'il faut soulever ! (Qu'il faut soulever !) J'ai écrit fatigué pour pas dire détruit, Les boîtes de pilules me regardent dans la nuit. Mon ventre est un poing, un enfer vertical, Je touche ma peau pour calmer le mal. C'est dans la tête, c'est la seule excuse ! Le muscle s'épuise, la patience s'use. Je touche mon cou pour sentir le pouls, Savoir si le corps est devenu fou ! Chronique, le mot qui m'enferme au lit ! Je traîne ma chair et la fièvre me plie ! Il n'y a pas de pause, pas de ligne d'arrivée, Juste mon propre poids qu'il faut soulever ! Je veux sortir de ma propre peau. Quitter l'enveloppe. Lâcher le fardeau. Je voudrais m'ouvrir pour laver le sang, Endormir la plaie, juste un instant. Arrêter la boucle. Poser le cerveau. Boire un matin clair. Juste un verre d'eau. (Juste un verre d'eau...) Chronique, la mâchoire qu'on n'veut plus ouvrir ! Je traîne cette carcasse, je refuse de pourrir ! Est-ce que c'est la tête, est-ce que c'est le sang ? Je suis à la fois le mort et le vivant ! (Le mort et le vivant !) Je ferme les yeux. Je refais l'inventaire.