C'est lorsque le soleil tombe à la verticale Et que ses rayons drus frôlent mes abysses Qu'elles sortent en grand nombre et luisent leurs atouts Un petit peu de toile et puis beaucoup de peau Elles parlent en petits groupes et masquent de leur main Lorsqu'elles rient d’une autre, leurs dents appareillées Elles enduisent leurs corps des huiles scintillantes Dont l’odeur un peu douce leur fait une auréole Tout au long de l’été elles sont ma diversion Elles délectent mes jours, perturbent mon ressac Suffit qu’une d’elle me touche puisqu' elle est faite d’eau Pour que je puisse la lire comme d’autres lisent un livre A peine immergées je sais tout leurs secrets Et goûte leurs saveurs, même les plus intimes Je sens leurs énergies et puis leurs émotions La tristesse ou leurs joies, leurs organes excités Je sens quand l’une est gauche et l'autre déliée La grâce de leurs nages ou bien leurs maladresses Quand elles se baignent ensemble je sais leurs intentions Amusements puériles, émois adolescents Je sais aussi quand elles devraient faire attention Comment elles s’alimentent puis les excès qu’elles font Leurs hormones trahissent leurs troubles intérieurs Et elles me donnent à voir un très charmant spectacle Leurs glandes endocrines travaillent sans cesser Gavées de stimuli et les voilà obscènes L’une est encore vierge l’autre très loin s’en faut Enfin la plus coquine rêve de débordements Pudiques en publique elles se libèrent en moi Et malgré ma fraîcheur se laissent exalter Celle que j’ai aimée était aventurière Et tout son corps hurlait son total abandon Je l’ai donc enlacée de chacune de mes ondes Me suis mis dans son corps, cela m’est si facile Et puis j’ai joué d’elle, mélangeant savamment Les plaisirs de ses sens, les tourments dans son sang La massant de mes flots, je l'ai bercée longtemps L’ai fait jouir plusieurs fois comme aucun autre amant Puis épuisée enfin je l’ai redéposée Sur une couche d’algues entourée de galets Elle me revint souvent son esprit incrédule Défiant son inconscient, mais qui n’était que moi Et je prenait soin d’elle et puis la purifiait Et nos deux profondeurs se confondirent un jour.