
[Intro] J’ai arrêté d’dire « ça va », personne écoute la réponse, J’ai enterré mes sentiments, maintenant c’est le vide qui les remplace. J’ai grandi dans mes silences, j’ai vieilli dans mes pensées, À force de perdre les autres, j’ai fini par me perdre en premier. [Couplet 1] J’ai le cœur tellement froid que mes souvenirs mettent des gants, Les gens m’aiment au présent puis me regrettent au passé, souvent. J’ai vu des « pour toujours » tenir moins longtemps qu’une nuit, Depuis j’fais confiance au silence : lui, au moins, tient parole quand il fuit. J’ai des cicatrices que même mes tatouages pourraient pas couvrir, On m’a appris à encaisser, jamais appris à guérir. J’ai tellement pris sur moi que j’sais plus c’qui m’appartient, Mes démons payent pas l’loyer mais dorment dans mon crâne chaque matin. J’ai donné mon cœur entier, ils l’ont rendu en pièces détachées, Maintenant quand quelqu’un m’aime, mon premier réflexe c’est d’me méfier. J’ai croisé la confiance une fois, elle m’a laissé une cicatrice, Depuis même les belles paroles ont un goût de vice. [Refrain] J’ai le sourire d’un vivant, le regard d’un enterrement, J’fais rire toute la pièce pendant qu’je m’effondre intérieurement. Ils disent « le temps répare », putain, le mien fait qu’empirer, Chaque année rajoute une couche sur tout c’que j’ai pas digéré. J’ai plus peur d’être seul, j’ai peur d’être aimé pour de faux, Parce qu’un couteau dans le dos vient rarement d’un inconnu, frérot. J’ai tellement connu l’abandon que même quand quelqu’un reste, J’attends déjà son départ au milieu de ses promesses. [Couplet 2] J’ai appris qu’un « je t’aime » peut être une putain de location, Tu crois posséder le bonheur, t’as juste signé pour l’illusion. Ils connaissent mon sourire, pas les ruines derrière mes yeux, Ils voient la fumée sortir mais demandent jamais où est le feu. J’ai pardonné des choses que j’aurais dû laisser mourir, Parce que mon cœur est assez con pour confondre aimer et souffrir. Certains m’ont laissé des blessures puis demandé pourquoi j’étais froid, C’est drôle de brûler une maison puis d’reprocher aux murs d’être noirs. J’ai connu des absences plus fidèles que certaines présences, Des silences plus sincères que leurs putains de confidences. On m’a dit « sois toi-même », puis jugé quand j’ai retiré le masque, Alors maintenant j’cache mes tempêtes derrière des réponses banales. [Pont] La solitude m’a jamais promis qu’elle resterait, Pourtant c’est la seule qui n’est jamais partie. J’ai arrêté d’attendre des excuses, Certains regrettent seulement quand t’es plus utile à leur vie. [Couplet 3] Mon passé me suit tellement qu’on dirait mon ombre sous amphétamines, Chaque souvenir revient gratter là où la douleur s’enracine. J’ai construit des murs tellement hauts autour de mon cœur Que même ceux qui veulent m’aimer finissent dehors. J’suis devenu distant parce que proche, ça faisait trop mal, J’ai mis mes émotions sous vide comme des preuves dans un tribunal. Ils disent que j’ai changé — évidemment que j’ai changé, Tu peux pas traverser l’enfer et revenir avec les mêmes pensées. J’ai vu des masques tomber sans même toucher les visages, Certains étaient magnifiques jusqu’à ce que j’apprenne leur vrai langage. Aujourd’hui j’compte plus les départs, j’compte ceux qui restent vrais, Et bizarrement depuis que j’compte bien… la pièce paraît vide à crever. [Dernier refrain] J’ai le sourire d’un vivant, le regard d’un enterrement, Un cœur sous cadenas et des souvenirs comme gardiens devant. J’ai demandé la paix, la vie m’a livré des guerres, Alors j’ai appris à marcher droit avec l’enfer dans les artères. J’ai plus besoin d’ennemis, mes souvenirs font déjà l’travail, Chaque nuit ils viennent cogner pendant que mon sommeil déraille. Et s’ils demandent pourquoi mon regard est devenu si noir : j’ai simplement vu trop de gens éteindre la lumière après m’avoir juré qu’ils resteraient dans le noir. [Outro] J’ai pas perdu foi en l’amour… J’ai perdu foi en ceux qui le prononcent. Le pire avec les blessures invisibles, C’est que tout le monde croit que t’es intact juste parce que tu saignes en silence.

